PORTRAIT – A seulement 17 et 18 ans, Enguérand et Éléonore Fernese sont à l’affiche des plus grands festivals de l’été: Solidays, Garorock, les Vieilles Charrues, Paléo…

«Nous n’avons pas trop peur, ça nous permet d’emmener nos parents en vacances», répond d’emblée Enguérand, dit Engus, quand on lui demande si ce n'est pas trop impressionnant d’enchaîner une dizaine de dates dans les festivals. Dans les loges du Zénith de Paris où les Carbon Airways assuraient la première partie de Shaka Ponk, ils semblent concentrés après leurs répétitions. «On pense à ce soir», confirme Éléonore. A voir leurs yeux écarquillés en découvrant la scène quelques minutes avant, on n’en doute pas une seconde.

Pas seulement jeunes

Leurs préoccupations paraissent bien loin de celles des lycéens. Éléonore passait justement son bac ES cette semaine et Enguérand, celui de Français, tous les deux à Besançon avant d’être sur la scène des Solidays. Une manière originale de fêter le bac. Mais pour le cadet de cette fratrie, «nous arrivons à concilier les deux, chaque chose en son temps». Quand ils ne sont ni au lycée, ni sur scène ou en studio, c’est longboard pour Engus et dessin pour Éléonore même si la musique les a pris dès le berceau.

Avec 14 mois d’écart, ils commencent à composer à 11 et 12 ans. En 2009, ils demandent ensemble un ordinateur et des logiciels adaptés comme cadeau de Noël pour créer leur musique. Ils se produisent sur scène pour la première fois vers 13 et 14 ans. «Nous faisons des concerts depuis quatre ans», observe Éléonore, d’une voix calme et posée. Leur âge n’est certainement pas ce qui les caractérise. «Personne ne nous réduit à cela», constate Enguérand. Et c’est tant mieux.

Des fibres d’atomes différentes

Après un sixième EP sorti en avril dernier, You walk away, les Carbon Airways dévoileront leur premier album à la rentrée. Le programme? «A Coachella, nous avons fait pas mal de rencontres qui se sont transformées en trois ou quatre collaborations», raconte le frangin. Intitulé Outre Noir, ce nom vient de l’endroit où tout à commencer. Eléonore se souvient: «Nos parents avaient une petite salle de cinéma, un pièce super sombre, nous l’avons rénovée et c’est devenu notre studio.» Et Engus d’enchérir: «C’est la lumière qui jaillit du noir, comme Pierre Soulages.»

Entre rap et éléctro, ce futur album s’annonce sous plusieurs facettes: du «big beat» et de «l’electro dark», selon le duo. Pour Enguérand, ils étalent leur univers et «on vous laisse choisir». Ce mélange des genres vient de leurs multiples références. «J’écoute du hardcore depuis que je suis tout petit», annonce le plus jeune. Si c’était violoncelle et basse pour Eléonore et violon et guitare électrique pour Engus, leurs parents écoutaient à peu près tout, de Fear Factory à Pink Floyd. Leur père, justement, les accompagne depuis le début. Pour l’aînée, «s’il n’était pas là, ça serait bizarre». Du carbone dans l’air, mais les pieds sur terre.

Constance Daulon

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