On assume s’être déhanché sur Headson au printemps 2014. On assume aussi avoir beaucoup dansé en fin de journée sur Doing Yoga l’année dernière. Et on assume déjà vouloir passer tout l’été sur son dernier EP, The Coast, sorti le 13 mai dernier. Arthur Dubreucq, de son vrai nom, propose une electronica idéale pour le début d’une soirée estivale.

Accompagné par Lara Amoué (chant et claviers) et d’Amaury (basse), Kazy Lambist nous entraîne avec une musique suave, rythmée et définitivement pop. L’avenir semble radieux pour le Montpelliérain de 23 ans. Mais avant son passage début juillet à la Maroquinerie et une tournée prévue à la rentrée, on a voulu savoir ce que, lui, assumait.

Est-ce que tu assumes de nous avoir fait attendre un an avant la sortie de ce 1er EP?

C’est vrai que ça a pris plus de temps que prévu. On avait quelques dates calées et il m’a fallu un peu de temps pour me faire à tout cela. Avant, j’avais mon propre rythme. Désormais, et ce n’est pas une mauvaise chose, il faut gérer les déplacements et les rencontres avec le label. C’est juste que mon temps de création a été un peu perturbé. Et Doing Yoga a bien été reçu, je n’avais pas envie de sortir n’importe quoi. Mais je suis content, c’est un EP très pop.

Justement, est-ce que tu assumes de faire de «l’électro-pop»?

Bonne question. [Il réfléchit.] Oui, dans le sens où je traverse une période de recherche. A la base, je suis producteur. Maintenant, je dois assumer ma voix, la mettre en avant. C’est pour ça que l’EP est plus pop qu’électro. J’avais cette volonté de mieux l’assumer.

Est-ce que tu assumes l’influence de Metronomy?

Carrément, je les adore. C’est un super groupe, je ne suis pas du tout embêté par cette comparaison. J’apprécie leur unité et leur «background» électro. Mon titre préféré est This could be beautiful, il n’y a pas de paroles. Mais ce n’est pas ce que j’ai le plus écouté. J’aime beaucoup le hip-hop américain et le rap français. Je m’intéresse à tout. Quand j’ai vécu un an au nord de Vancouver dans un bled paumé où il faisait trop froid, j’ai aussi beaucoup écouté de jazz.

Est-ce que tu assumes de ne pas avoir suivi de formation musicale?

Je ne voulais surtout pas aller en école de musique, j’avais peur d’y être formaté. J’ai pris quelques cours de piano quand j’étais petit, mais je suis plutôt autodidacte. C’était aussi par flemme au début. J’ai aussi pas mal fait de guitare pour du jazz au Canada et du rock au lycée. Les claviers, logiciels et basse sont venus ensuite.

Est-ce que tu assumes les débuts prometteurs lors de la sortie de Doing Yoga en 2015?

C’était il y a un an et c’est vrai que je n’avais pas vraiment imaginé cela. Quand on a fait le live à C à vous alors qu’on en avait très peu fait, on a tout réglé la veille. Quant aux Inrocks Lab [prix du jury], on pensait n’avoir aucune chance. Quand on s’est inscrit, on s’est juste dit: «Ça va être cool de jouer à Montpellier, c’est la maison.» On a un peu halluciné pour la suite.

Est-ce que tu assumes tes paroles qui n’ont pas toujours de sens?

Je ne cherche pas à véhiculer un message précis. Je préfère que le public trouve sa propre signification dans les chansons. Par exemple, Headson n’a qu’un seul refrain qui ne veut rien dire. Ça permet d’être dans l’imaginaire et de rester flou. C’est de la musique pour voyager et s’évader. Il ne faut donc pas que ce soit trop concret. Mes morceaux sont faits pour rêver.

Est-ce que tu assumes de faire de la musique d’été?

Je viens de Montpellier, donc du soleil. Et j’adore ça. Mes titres peuvent paraître utopistes, niais, cul-cul. Mais ils sont là pour faire oublier le quotidien. Et on ne fait pas ça avec de la pluie. C’est de la musique d’extérieur qui donne des envies de liberté et d’apéro. C’est pour les débuts de soirée le premier jour des vacances.

Est-ce que tu assumes ton corps sur scène?

Au début, c’était dur car je n’en avais pas très envie. Je n’ai pas fait de théâtre, je ne suis pas très à l’aise avec mes mouvements, je suis un peu maladroit. Les premières fois, j’étais comme un piquet. Mais je travaille dessus, c’est un défi. Lara est, elle, très en confiance ce qui nous pousse à l’être aussi.

Est-ce que tu assumes de jouer désormais avec des instruments et non plus des machines?

Le problème avec les machines sur scène, c’est que le public peut vite s’ennuyer car il ne comprend pas ce qu’on fait. C’est très difficile de rendre ça vivant même si ça reste de la musique avant tout. Je n’ai pas envie de reproduire ce qu’on fait en studio. Du coup, j’essaie d’animer le live et je suis content de jouer.

Est-ce que tu vas assumer un album?

Je le prépare déjà. Je vais partir m’isoler pendant deux mois, car je veux vraiment raconter une histoire du début à la fin. Ça ne sera pas un empilement de titres que j’ai déjà fais. Il faut quelque chose de cohérent et il sera sûrement moins pop que l’EP.

En concert le 5 juillet à la Maroquinerie à Paris, le 9 juillet au festival Hello Birds, le 31 juillet à Marseille et le 8 octobre à Alençon.