INTERVIEW - 2015 sera-t-elle l'année Isaac Delusion? Possible! Rencontré le soir de son concert à l'Olympia dans le cadre du festival A nous Paris Fireworks, le groupe français continue sur une belle lancée avec, notamment, le Printemps de Bourges et les Vieilles Charrues.

Un peu moins d’un an après la sortie de son premier album, Isaac Delusion savoure. Sa notoriété grandissante, qui pousse doucement le quartet d'amis sur les plus belles scènes françaises. L’Olympia, qu’il découvrait mardi 24 février. Et sa première moisson de festivals. Avec un programme comme celui-là, et un deuxième opus en préparation, la valeur montante de l'électro-pop tricolore aurait tort de faire la fine bouche.

Sur la page Facebook du groupe, vous décrivez votre genre musical comme «Tropical/Zouk/Paranormal». Plus sérieusement, vous vous rattacheriez à quel registre?

Loïc (chants et guitare): Au-delà de la blague,  on cherche à faire une musique qui échappe aux étiquettes. De tendre vers une sorte d’ovni musical. Mais, dans les très grosses lignes, c’est vrai, le style d’Isaac Delusion peut s’apparenter à de l’électro-pop.

Le second album continuerait sur cette lancée?

On en parle souvent. On a effectué un travail d’exploration assez fort sur le premier album. On a expérimenté jusqu'où on pouvait aller, aussi bien en terme de production que d’univers musicaux. Ce qu’on aimerait faire avec le deuxième album, et la maturité qui va avec, c’est se recentrer sur une musique plus simple, peut-être plus minimaliste. L'idéal, ce serait de lui trouver une ligne directrice, avec un son qui ne change pas du début à la fin, un peu dans le style de ce qu’ont fait Jungle, Marc Demarco, ou Connan Mockasin.

Jules (machines): Le groupe doit façonner une identité sonore qui lui est propre. Que chaque morceau puisse être identifié comme le nôtre.Créer une image et un son reconnaissable parmi tous les autres, c’est un peu le but de tout musicien, non?

Des influences?

Jules: Pleins! On dit qu’on essaye de se recentrer mais, à vrai dire, on n’a aucune idée de comment y parvenir! Les quelques morceaux qu’on a pour le moment partent dans tous les sens. Bref, le problème est toujours le même (rires).

Loïc: Si je devais citer un album, ce serait Kid A de Radiohead. A sa sortie, on n’avait jamais entendu quelque chose de pareil. Avec tout ce qui se fait et tout ce qui a déjà été fait, aujourd'hui c'est encore plus dur de sortir un son qui mette tout le monde d’accord.

Votre musique, assez aérienne sur l’album, change-t-elle en live? Quel est l’ambition d’un concert d’Isaac Delusion?

Loïc: On aimerait faire voyager le public, l’emmener dans une petite bulle très loin, les faire entrer dans une sorte de transe chargée d’ondes positives.  

Jules: En live, notre musique prend des sonorités plus concrètes, moins aériennes. C’est cet équilibre, ce contraste, qui peut être assez incroyable quand il est atteint, qu'on recherche pendant le concert.

Votre premier album est sorti en juin 2014, donc un peu tard pour les festivals d’été. Cette année, vous êtes notamment présents aux Vieilles Charrues. Comment appréhendez-vous l'événement?

Loïc: Avec l’impatience d’en découdre. Aux Vieilles Charrues, on risque de jouer devant quelques dizaines de milliers de personnes, si tout se passe bien. Dans des conditions pareilles, la meilleure façon de faire un bon concert,  c’est de démystifier la chose et de se dire, qu’au final, on est là pour se faire plaisir et passer un bon moment entre amis. Un groupe qui ne peut pas se blairer, ça saute aux yeux. Pour notre part, vu qu’on est potes depuis le début, on fait tout notre possible pour rester dans une dynamique à la fois simple et chaleureuse. C’est en gardant cet état d'esprit qu'on continuera de se faire plaisir et d'en donner au public.