On a tenté quelque temps de ranger ce jeune duo rennais dans un genre, un style, un univers. On a vite laissé tomber. Si Her propose une musique très personnelle, elle n’en est pas moins accessible et sophistiquée. Le 15 janvier dernier, Simon Carpentier et Victor Solf ont sorti leur Her Tape #1 qui regroupe l’entêtant Five Minutes et la presque romance de Quite Like.

En regardant le nombre de vues et l’accueil réservé à ces deux clips, il n’y avait plus qu’une solution: les rencontrer. Le lendemain matin de leur concert enivrant à la Cigale, Victor s’est assis dans un café du 9ème arrondissement et a commencé à soulever tout ce qui cache derrière Her. Avec la même subtilité et précision que leur musique.

Genre

«Pop  sensuelle» nous correspond pas mal. On pourrait aussi appeler ça soul minimaliste, car c’est de la soul plus moderne. Notre titre Quite Like représente très bien notre univers.

Influences

On aime beaucoup James Blake pour sa démarche artistique et sa méthode de travail. Tout comme The XX pour le côté épuré de leur musique. Généralement, on préfère la qualité à la quantité. On écoute aussi beaucoup de rap et hip-hop américain: Kendrick Lamar, Asap Rocky, Action Bronson.

Formation

Simon et moi avons appris la musique classique au conservatoire. Simon joue du saxo et de mon côté, c’est le piano. On est venus assez naturellement au jazz et au blues. Par la suite, Simon s’est mis à la guitare. Tout cela nous a beaucoup aidés pour l’improvisation, la composition et les harmonies. On a créé nos premiers morceaux à 16 ans.

La rencontre

Après avoir vécu aux Etats-Unis pour Simon et en Allemagne pour moi, on s’est rencontrés au lycée à Rennes. On se complète bien même si nous avons des énergies et des écritures différentes.

Les débuts

On a d’abord fait partie du groupe The Popopopops pendant six ans avec lequel on a fait deux EP, un album et beaucoup de concerts. Her est arrivé ensuite assez vite puisqu’on a sorti Quite Like il y a bientôt un an.

La création

L’écriture des titres est quelque chose de très personnel pour nous deux. Les textes de la musique soul le sont toujours, c’est intime car c’est la musique de l’âme. On compose parfois ensemble, parfois à distance (Simon vit à Rennes et Victor à Paris, ndlr). C’est assez variable, on se laisse aller. Nous n’avons pas beaucoup de règles car on se fixe déjà beaucoup de contraintes sur notre musique. Une fois la composition et l’écriture finie, on enregistre tout en live. C’est un processus très long, on utilise beaucoup de logiciels.

Studio vs scène

On adore la scène. C’est un moment où on peut partager avec le public nos textes et nos émotions. C’est là qu’on voit aussi le résultat de notre travail. On ne peut pas se cacher derrière la production.

Le thème

Notre premier EP ne parlait que des relations amoureuses en partie parce qu’on s’appelle Her. On avait aussi une histoire à raconter. Mais la féminité, c’est surtout universel pour les femmes et pour les hommes.

Les projets

Je suis fasciné par le dernier opus de Kendrick Lamar, il y a une forme de maturité. Je pense que faire un album implique une prise de conscience. Pour l’instant, on vient de sortir notre tape. On en fera une autre complètement différente. L’important, c’est le thème. Il faut une histoire du début à la fin. C’est fédérateur.

En concert le 5 février à l’EMB de Sannois et le 25 février aux Bains à Paris.