Révélation d’une nouvelle french pop, potentiel meilleur espoir masculin, metteur en scène de ses propres fantasmes… Depuis la sortie de son 1er album, Léviathan, Flavien Berger a toutes les étiquettes. Pourtant, avec ses titres longs, ses sons expérimentaux et ses lives improvisés, il sort de tous les cadres. Rencontre à l’atelier de Sèvres où il enseigne, avec cet artiste singulier qui a réussi à faire parler de lui en très peu temps.

Qu’est-ce que ça fait d’être le nouveau représentant d’une certaine chanson française?

J’apprécie l’étiquette «french pop» même si j’en ai beaucoup d’autres. J’ai un peu de mal avec les genres mais je suis ravi de ces premiers retours positifs alors que j’ai une approche différente de la pop.

Les sons de Léviathan sont parfois étranges, on se demande d’où ils viennent. Ne pas avoir de formation musicale vous-a-t-il poussé à chercher de nouvelles sonorités?

Je viens de l’expérience et non de la musique. Je ne connais pas le solfège et je n’ai jamais pris de cours de chant. Je me sers de l’outil de ma génération: l’ordinateur. C’est par là que j’expérimente, c’est mon cadre. Je suis un résidu de la démocratisation des outils numériques. Quand j’ai travaillé pour la première fois avec Sin, le collectif auquel j’appartiens, sur le titre Gravité, je suis parti d’une expérimentation et j’ai construit une tapisserie de pop autour d’une épine dorsale.

Gravité ne fait que 3 minutes mais est-ce par ce type d’expérimentation que certains titres se transforment en morceaux de plus de 15 minutes?

Ca se fait intuitivement. Je ne me rendais pas compte que cette longueur pouvait interpeller car j’écoute des morceaux de 25 minutes. Le format radio ou télé ne me surprend pas. Je vois cela comme un long voyage avec une palette de différents paysages. Ça dépend aussi de l’histoire que je raconte. Il y a effectivement des fragments de l’album plus courts. Mais il m’est plus difficile de synthétiser que de faire un long morceau.

Comment peut-on traduire ces titres lors d’un concert?

La scène est quelque chose de très jeune pour moi, je la découvre. Je ne fais pas trop de répétition et je cherche l’adrénaline. J’accorde autant de place à la performance qu’à la musique. C’est pour ça que mes concerts sont différents même si la proposition est identique. Ce sont des métamorphoses de mes morceaux.

Est-ce que vous avez peur de vous planter parfois?

Juste avant de monter sur scène, je suis impatient. Après j’ai toujours peur de me planter car je suis sans filet, tout seul donc je bidouille. Je veux toujours commencer par le pire comme chanter a cappella.

Un second album est prévu pour la rentrée de septembre en digital et gratuit. Pourquoi avoir choisi ce libre accès?

La musique est en crise. Le secteur ne se porte pas très bien, on ne sort plus des albums pour faire de l’argent. Il y a d’autres types de collaborations dont je suis très content comme quand Louis Vuitton décide de reprendre un de mes titres pour son défilé. J’ai aussi participé à la musique d’un court métrage, Le repas dominical, de Céline Devaux qui est présenté à Cannes. Et j’ai très envie de faire de la musique pour des films.