Depuis quatre ans déjà, le jeune artiste de 22 ans distille des EP organiques et planants chaque année: Blur, Odyssey, Earth.Home.Drestoyed, Exodus. Dream Koala, de son prénom Yndi, a le don pour nous faire rêver avec ses multiples influences.

A l’occasion de son passage au Rainforest festival samedi 2 juillet, on a voulu savoir ce qu’il nous prévoyait pour la suite. Rencontre dans le cadre idyllique du jardin du Petit Palais à Paris où il évoque sans détours sa vision de la musique.

Actu: Rainforest festival

Je prépare mon premier album donc c’est pour ça que je ne fais pas trop de concerts en ce moment. Ça me permet de rester tranquille. Pour le Rainforest, ils ont peut être pensé à moi car il y a de la nature, dans tout ce que ça englobe, dans ma musique. J’essaie toujours de dissocier l’homme de la nature, même si elle est au cœur de mon travail.

Genre: pop atmosphérique

C’est de la musique à la fois électronique, organique, humaine et synthétique. On peut aussi dire que c’est de la pop moderne et alternative. Pop atmosphérique correspond aussi bien, car j’essaie toujours que les textes, la performance et la production donnent une atmosphère qui coupe de la réalité. Ça tend vers le cinéma dans le sens où je créé l’illusion d’un espace où l’on ne parle pas le même langage, loin du quotidien.

Influences: Du métal à Debussy

Il y a des choses très différentes: Massive Attack, des groupes de métal, punk et hardcore, du hip-hop, de l’électro mais aussi du classique comme Debussy. J’aime sa manière de mettre l’auditeur dans une certaine ambiance. Et beaucoup Flying Lotus. C’est un ami mais j’apprécie beaucoup Superpoze, son art, sa manière de travailler, de composer. Il m’aide pour mon album. Ah et il y aussi James Blake, Chet Baker, Billie Holiday, la musique brésilienne [ses parents sont brésiliens]. Il y a quelque chose de très tragique et de très doux dans la Bossa Nova.

Formation: autodidacte

J’ai essayé le Conservatoire à Paris quand j’étais petit, mais ça ressemblait trop à l’école. J’ai toujours préféré l’art naïf. J’ai donc appris la guitare sur le tas.

Les débuts: Internet

Il y a 5-6 ans, à la fin du lycée, je composais tout seul. J’ai commencé à faire des morceaux sur ordinateur avec des synthés et à les mettre sur Internet. C’était assez inattendu car c’était un projet secondaire car je jouais à l’époque dans un groupe de métal. Ça s’est fait tout naturellement, ce n’était pas prévu. Depuis, je fais ça tout le temps sans être sur un label. Je veux rester indépendant pour l’instant. C’est pour ça que j’autoproduis mon album. Ça me permet de ne pas faire de compromis et, aujourd’hui, c’est tout à fait possible d’en vivre avec Internet.

Création: guitare-voix

Mon père m’a toujours dit que si un titre fonctionnait en guitare-voix, il marcherait. Donc je fais comme ça. Je pense qu’écrire avec  le moins d’outils possibles permet d’être plus créatif, ça te force à chercher d’autres choses. Mais je veux toujours être en mouvement. Quand je vois qu’un truc marche, j’arrête de le faire ensuite. C’est génial, on peut ainsi avoir 1.000 vies. Ce n’est pas donné à tout le monde. Pour les premiers morceaux, je ne pensais pas au live mais je le fais de plus en plus pour l’album car je veux qu’il soit plus acoustique, plus brut, plus naturel.

Projets: un album

Je n’en suis qu’au stade de l’embryon pour l’instant mais c’est ce qui va m’occuper pleinement. J’aimerais vraiment qu’il soit plus personnel, parler de l’Homme et de ses défauts, mais aussi concret, être plus dans la simplicité des choses. C’est cette esthétique-là que je recherche.