«C’est quoi ce truc?» C’est ce qu’on s’est demandé quand on a écouté Bon Voyage Organisation. Multi-référencé, ce groupe fait pourtant voyager avec allégresse en Asie, en Afrique ou encore en occident. Xyngyé, leur premier EP et sorti chez Disque Pointu, le label de La Femme, nous avait aussi fait pas mal dansé avec Love soup l’été dernier.

A l’origine de ce projet qui voit régulièrement ses membres bouger, il y a Adrien Durand, son fondateur, bassiste et compositeur. De retour d’une tournée en Chine et avant quelques festivals cet été, rencontre pour faire les présentations en bonnes et due forme.

Actu: tournée + festivals

On est super contents, on aime beaucoup jouer. Faire plusieurs types de scènes avec des publics différents nous convient très bien, car ce qui nous anime, c’est la curiosité. On a aussi hâte de présenter la création spéciale Balavoine aux Francofolies de la Rochelle avec les Brigitte. J’adore Balavoine, j’étais super excité quand elles m’ont contacté pour la partie instrumentale. Ça va bien se marier. On arrive à un certain niveau d’accomplissement, on est prêts!

Genre: future dance

J’ai beaucoup de mal à le dire. On peut qualifier notre musique de futur dance dans le sens où elle s’inspire de la science-fiction et se base sur des synthés et qu’elle est faite pour danser, mais pas que. On accorde aussi de l’importance à la mélodie et aux harmonies. Nous sommes un peu rentre-dedans, il faut que nos titres se projettent.

Influences: Frank Zappa et disco

Il y a beaucoup de trucs: Frank Zappa pour l’efficacité, la disco italienne pour les sonorités. Aussi un peu de jazz funk. Mais on n’est pas trop jam session même si la longueur de nos titres en live n’est jamais définie car on ne veut jamais faire le même concert. On n’a pas de formule magique donc on s’adapte toujours au public. On va les chercher.

Formation: sur le tas

Nous venons tous de groupes de rock, donc nous sommes plutôt autodidactes. Nous avons appris la musique dans des salles de merdes entre potes. On se connait depuis longtemps, ça nous amène à avoir la même envie commune de se dépasser. Et on possède tous le même amour du boulot bien fait. La question qu’on se pose souvent, c’est: «Est-ce que je mérite de jouer avec eux?»

Rencontre: naturelle

On est tous issus de la même scène à Paris. On s’est croisé au détour de discussions post concerts par exemple. Je connais Maxime [claviers] et Romain [guitare] depuis très longtemps. Lucie [chant] est venue nous voir à la fin d’un concert et nous a dit : «J’ai envie de chanter avec vous.» Ce groupe est comme un atelier où rien n’est figé. Cette configuration permet de se renouveler. Vu qu’on ne produit pas de tubes, ça nous pousse vers l’originalité.

Débuts: du studio à la scène

Au départ, je voulais produire mes propres disques mais pour le faire au mieux, il faut enregistrer dans un gros studio avec des musiciens. J’ai donc commencé à jouer de la basse mais aux claviers, ce qui est assez original je le reconnais, et à chercher des musiciens. Une fois qu’on s’est trouvés bons en studio, on a bossé les concerts en essayant d’en faire le plus possible.

Création: comme une peinture

J’arrive aux répétitions avec des idées, des mélodies, des pistes. Chacun rajoute ensuite sa touche. A force, on a développé notre propre langage. On pense beaucoup au live à ce moment là aussi, parfois on reprend ce qu’on a fait sur scène. C’est comme une palette de peintre, à coup de petites touches.

Projets: un 2ème EP

On sort notre deuxième EP autoproduit chez Columbia le 9 septembre. Quant à un album, ce n’est pas pour tout de suite car ça prend beaucoup de temps de faire un bon disque. Mais je vais réaliser le prochain album d’Amadou et Mariam et on bosse également sur une création avec des musiciens chinois.

En concert le 14 juillet aux Francofolies de la Rochelle et le 20 juillet au Fnac Live à Paris.