Mystérieuse et simple. Née à Londres de parents originaires de la Grenade aux Caraïbes, Ala.ni fait partie des personnes qui peuvent à la fois ne pas vouloir dire leur âge car «seule la musique compte» mais vous parler de sa passion pour les artisans parisiens pendant dix minutes.

Eternelle et hors du temps. Chanteuse, auteure, compositrice et réalisatrice, la jeune femme touche à tout en mélangeant folk,  jazz et Broadway. Son grand oncle, Leslie Hutchinson dit Hutch, était reconnu dans les années 30 dans le monde du music-hall.

Après une vidéo, Suddenly, sortie sur YouTube en décembre dernier, Ala.ni a sorti deux EP. Au Comptoir Général à Paris, elle parle en riant de ses débuts, de ce qui la touche et son amour pour la capitale. Et surtout de la manière dont on crée.

Vous avez passé votre enfance et adolescence dans les écoles de théâtre, chant et danse, dont un passage à la Sylvia Young Theatre School où Amy Winehouse et Nicolas Hoult étaient aussi élèves. Quels souvenirs en gardez-vous?

J’ai commencé à chanter à l’âge de 3 ans avant d’aller dans ces écoles jusqu’à mes 16 ans. C’est là-bas que j’ai compris que je voulais réaliser des vidéos, chanter et jouer la comédie. A la Sylvia Young Theatre School, c’était un peu la compétition mais dans le bon sens du terme. Sylvia est géniale, elle se souvient de tous ses élèves et continue à les encourager une fois partis.

Qu’est-ce qui vous a fait choisir la musique?

Ce n’était pas une décision. Les choses arrivent comme elles doivent. Le chant était pour moi ce qui avait le plus de sens.

Quand avez-vous écrit votre première chanson?

Quand j’étais enfant, je passais mes étés avec mes cousins. J’avais 5-6 ans et l’un d’entre eux était plus âgé. Il m’a aidé et nous avons commencé. Le thème était la transpiration! (rires)

Et que représente la composition dans votre travail?

A l’école, on apprenait à faire un peu de tout. Tout le monde a des idées mais ce qui m’intéresse, c’est la manière dont on les fabrique. C’est une sorte de voyage qu’on fait avant d’arriver à composer et une histoire de temps.

Cette année, vous sortez quatre EP pour chaque saison. Ils racontent une histoire d’amour des débuts à la fin. Pourquoi avoir choisi ce thème universel?

Je devais choisir l’amour. C’est ce dont je voulais parler. Je ne me vois pas parler de politique par exemple. D’autre part, j’ai désormais du recul et de la perspective sur mes histoires personnelles. C’est pour cette raison que les chansons fonctionnent. Mon vécu s’y mélange. Etre célibataire m’a aidé à les sortir.

Est-ce que vos collaborations avec Blur vous ont aussi aidée?

Etre en tournée avec ce groupe m’a appris à boire et à survivre en tournée!

On vous qualifie comme la protégée de Damon Albarn, le chanteur du groupe. Que représente-t-il?

Il est plus un mentor pour moi. Je me passionne pour sa capacité à créer tout le temps. Ce qui est intéressant, c’est sa manière de faire les choses.

Vous vivez désormais à Paris et vous avez choisi un label français, No Format. Qu’est-ce qui vous plait dans l’Hexagone?

Son Histoire, sa liberté, son esprit de rébellion, ses arts et toutes les personnes qui y vivent. Il y a du sens entre votre culture et ma musique. J’ai beaucoup écrit à mon arrivée ici, c’était plus facile qu’à Londres où je n’avançais plus.  Quant à mon label, j’en ai essayé plusieurs mais je voulais me développer en France. Ils sont vraiment géniaux.

Quelles sont vos premières impressions sur le public français?

Vous êtes très réceptif et très généreux. Il y a quelque chose de très chaud lors des concerts, très engagé. C’est très différent de l’Angleterre.  C’est sûrement lié au fait que le jazz s’est développé ici et qu’il est connecté à ma musique. Mais je dois apprendre le français!

De quoi avez-vous envie dans les mois futurs?

J’aimerais regrouper mes quatre EP dans un disque, voyager aux Etats-Unis et trouver un manageur.