Un titre. C’est ce qu’il nous a suffi pour tomber sous le charme des deux Parisiens, Agar Agar. Avec Prettiest Virgin, sorti le 22 avril dernier, la nouvelle découverte du label Cracki Records nous renvoie directement dans les années 1980 à grand coup de synthés et de disco acidulée.

Sur ces 6 minutes 15 enivrantes, on savoure la voix puissante de Clara Cappagli et les sons travaillés d’Armand Bultheel. Avant leurs dates cet été, notamment celle au Macki Music Festival samedi 2 juillet, et la sortie de leur premier EP prévu pour septembre prochain, on a demandé à ce duo prometteur de se présenter.

Actu: sortie du single Prettiest Virgin et festivals

Clara: On ne s’attendait pas du tout à un tel accueil. Nous étions vraiment hyper surpris. C’est une bonne expérience.

Armand: On adore les festivals. Ce sont des cadres géniaux qui donnent un esprit «vacances-taff». Ça vous nous permettre aussi de jouer devant différents publics.

Genre: musique électronique

Armand: On n’a pas envie de mettre un nom sur notre musique même si c’est de la musique électronique au sens large du terme. On ne vient pas en quête d’un style en particulier, on cherche partout.

Clara: On compose sur le tas donc je ne pense pas qu’on puisse qualifier nous-mêmes notre genre. On ne sait jamais vraiment ce qu’on fait dans la musique, à part quand c’est vraiment un style très précis. D’autant que tout se mélange aujourd’hui.

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Influences: du rock à la trans

Clara: On ne vient pas du tout même du milieu musical. J’ai été bercé dans le folk, le rock et le hard rock en écoutant des artistes comme Led Zeppelin et Santana. Je baigne dans le rock depuis toute petite. Je suis aussi très fan de Philip Glass qui, selon moi, a révolutionné la musique, et de Pierre Boulez. J’aime bien l’expérimental. J’écoute aussi du rap 2.0 et je kiffe Rihanna.

Armand: Alors que moi, je viens plus des musiques électroniques même si je partage l’avis de Clara sur Philip Glass. J’aime bien aussi la musique africaine francophone, la trans et ce qui vient du Japon. Tout ce qui est répétitif aussi. L’un comme l’autre, nous sommes toujours dans la recherche de nouveaux sons.

Formations: conservatoire et impro

Clara: J’ai fait 6 ans de solfège au conservatoire de Mantes-la-Jolie et de la danse moderne-jazz. J’ai aussi pris de cours de guitare pendant 7 ans ainsi que du piano et des cours de chant.

Armand: J’étais aussi au conservatoire de mes 6 à 16 ans où j’ai appris le solfège et intégré une chorale ainsi qu’un orchestre. J’ai commencé par le violon puis par les percussions. C’est là que j’ai beaucoup été sensibilisé à l’improvisation, notamment en jazz.

La rencontre: Beaux-arts

Clara: Nous sommes rentrés aux Beaux-arts de Cergy-Pontoise ensemble. On n’était pas très potes en première année mais pour le pot de départ de la bibliothécaire, on s’est mis à préparer quelque chose ensemble, car je ne voulais pas faire un truc toute seule. C’était l’ébauche de notre première composition. On a réitéré l’expérience à la Villa Arson, les Beaux-arts de Nice. Puis, nous avons continué à bosser vite fait par plaisir et un ami nous a présentés aux membres du label Cracki Records. Ils nous ont dit: «On va vous faire des dates.»

Armand: Ils nous ont encouragés et obligés à faire de la scène. Ça nous a aidés car on faisait vraiment ça au départ pour s’amuser.

Les débuts

Clara: On a commencé par des jam chez l’un chez l’autre. Ça évolue naturellement malgré nos influences très différentes. Mais on est toujours d’accord, on suit le même chemin. On s’y retrouve toujours, on a le même sens de l’esthétique et le même délire.

La création

Armand: Je compose la base au clavier et on fait des allers-retours ensuite. C’est comme un gros bœuf. On enregistre ensuite notre improvisation qu’on ajuste ensuite.

Clara: Je commence à chanter en yaourt au début, et on met ensuite des paroles sur la mélodie.

La scène

Clara: C’est quelque chose qui me transcende. Je fais également partie d’un groupe de garage, je suis donc assez à l’aise sur scène car on a fait pas mal de dates. Mais c’est mes premières fois avec des machines ce qui est très différent. Il faut donc qu’on continue à en faire pour progresser.

Armand: C’est aussi mes premières fois en live avec un clavier. Il y a quelque chose de plus performatif. On est deux pour tout un orchestre, il y a beaucoup de chose à gérer. On a des réflexes à acquérir mais on aime beaucoup la scène. On y pense presque plus qu’au studio, sûrement parce qu’on vient de l’improvisation.

Les projets: un premier EP

Clara: Notre premier EP sort fin septembre et il y aura 5 titres. Notre deuxième clip sera aussi en ligne à la fin du mois d’octobre.

Armand: On a pas mal de dates et donc beaucoup de boulot! Nous préparons aussi un projet vidéo, on cherche à développer un univers, une musique qui nous plaît.

En concert le 2 juillet au Macki Music Festival à Paris, le 20 juillet à Bordeaux et le 27 août au festival Diamant Vert (Cantal).