INITIATIVE - Avant la journée de la femme, se déroule la journée de la femme digitale. L'événement met en lumière un secteur encore très masculin mais dans lequel les femmes peuvent espérer s'imposer.

La deuxième édition de la Journée de la femme digitale se tient aujourd’hui au Palais Brongniart à Paris. Cette «conférence énergisante» entend mettre en avant des initiatives inspirantes. Car les femmes ne sont pas toujours très visibles dans l’univers du numérique.

Un monde encore masculin

En décembre 2013, la ministre de l’Economie numérique, Fleur Pellerin, a déclaré au JDD qu’«on trouve dans le numérique la même proportion de machistes ordinaires qu’ailleurs» et «d’autres formes de sexisme plus insidieuses», des comportements à améliorer au plus vite.

Delphine Rémy-Boutang, cofondatrice de la Journée de la femme digitale, affirme que «les femmes ne sont pas suffisamment présentes dans le monde du numérique». Pourtant, «la parité est un facteur de performance économique». Mais le territoire est en cours de conquête : «aujourd’hui, on rejoue les cartes. Toute la donne devient différente avec le digital.»

Pour l’instant, seulement 10 % des créateurs d’entreprises innovantes sont des femmes... Une faible représentation qui provient notamment des choix attenants à la scolarité. Les filières techniques, qui mènent par exemple au métier de développeur, demeurent très masculines. Mounia Rkha, cofondatrice de Girls in Tech, un groupe qui veut «encourager la mixité dans un milieu traditionnellement masculin», explique que «les jeunes filles se dirigent moins vers ces domaines. C’est pour cela que l’on veut leur donner envie de se lancer dans ces carrières, en montrant des modèles de réussite, des parcours techniques intéressants.» Précisons que c’est une femme, Ada Lovelace, qui est considérée comme la première programmeuse de l’histoire ! De quoi inspirer les jeunes femmes de la fameuse génération Y.

Insuffler de la mixité

Marie-Amélie Frere, coprésidente de Girlz in Web, souligne que la prise de parole publique est encore mal distribuée. «Dans les événements et conférences sur le numérique, seulement 18 à 20 % des intervenants sont des femmes», regrette-t-elle. Le collectif travaille ainsi à la visibilité et à la progression des femmes vers le numérique. Elles agissent de manière à «susciter des vocations féminines, insuffler de la mixité avec des événements ouverts à tous… Nos carrières n’ont pas de genre!» Avec un grand leitmotiv dans l’action : surtout pas de victimisation, mais une attitude positive, volontaire.

Du côté du gouvernement, Fleur Pellerin a lancé une mission pour étudier l’image des femmes dans l’univers du numérique et réfléchir à plusieurs campagnes incitant les étudiantes à se tourner vers des carrières digitales. A elles de jouer!

Lucie de la Héronnière