Toktoktok, Codeliv, Drivoo… ces noms ne vous disent peut-être rien. Et pour cause: ces trois entreprises de transport ont disparues cette année dans l’indifférence. Leur faute? Tenter de démocratiser la livraison  de colis entre particuliers. Un secteur complexe dont même le géant Blablacar s’est retiré.

Mais un nouvel acteur pourrait réussir là où les autres ont échoué. Son nom: You2You. Lancée en septembre 2015, cette start-up entend rendre la livraison plus humaine et écologique grâce à l’économie collaborative. «Notre idée, c’est de permettre à n’importe qui de transporter des colis sur son trajet quotidien contre un petit défraiement», explique Edouard Roy, cofondateur de la start-up.

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Pour le client, c’est l’assurance de tarifs imbattables: comptez 2€ pour envoyer un colis à l’autre bout d’une ville en moins d’une heure. Ou 7€ si votre colis pèse plus de 10 kilos et nécessite un trajet en voiture. Un prix inférieur de 40 à 60% par rapport à la concurrence, assure la start-up.

Livré de jour comme de nuit en moins d’une heure

«A la différence des autres entreprises, nous utilisons l’intelligence artificielle pour distribuer de façon optimale les colis à nos livreurs en se basant sur leurs trajets quotidiens», explique Edouard Roy. Plus besoin, donc de consulter chaque matin la liste des demandes, une simple notification les alerte des colis disponibles sur leurs routes.

Encore faut-il avoir suffisamment de livreurs. Selon l’entreprise, ceux-ci seraient déjà au nombre de 17.000 répartis entre à Paris, Lille, Lyon, Bordeaux et Toulouse. De quoi permettre à You2you d’assurer ses livraisons à toute heure du jour et de la nuit, week-end compris. «C’est une approche entièrement différente des plateformes qui exploitent des auto-entrepreneurs», assure le cofondateur. «Nos livreurs font ça en complément, ce n’est pas leur métier. Ils sont donc libres de refuser un paquet et peuvent le transporter comme ils le souhaitent: à pied, en vélo, en voiture…»

4.800€ par an

Afin de garder le service dans l’esprit collaboratif, You2you plafonne leurs revenus à 400€ par mois, soit 4.800€ par an. Ce qui ne dispense pas les coursiers de déclarer leurs revenus, explique la start-up.

«La fiscalité de l'économie collaborative est encore compliquée», commente Grégoire Leclercq, fondateur de l’Observatoire de l’ubérisation. «Cette plateforme rentre dans le cadre du partage de frais, mais pour l'instant il n'y a que le covoiturage qui bénéficie d’un cadre juridique clair l’exemptant d’impôts.»

Difficile de toute façon de faire fortune en gagnant deux euros par course. «J’ai découvert You2You sur les réseaux sociaux et je trouve ça pratique car je fais ça sur le trajet de la fac», explique Didier, un livreur de la plateforme. «Pour moi, c’est l’occasion de travailler en parallèle de mes études. Ça me paie mes week-ends.»

Livreur géolocalisé

Pour se retrouver, les clients et les livreurs peuvent utiliser le site ou l’application, dont une nouvelle version vient de sortir le 26 septembre. Grâce à la géolocalisation, celle-ci permet de suivre en temps réel le colis et de communiquer avec le livreur.

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«Ça permet de gagner du temps et de changer au dernier moment l’adresse. Par exemple si on veut se faire livrer des fleurs au restaurant», explique le cofondateur de You2You. Une solution intéressante pour les commerçants mais aussi pour les particuliers. «On a beaucoup de gens qui utilisent le service pour récupérer leurs clés ou leurs sacs oubliés chez des amis.» Et en cas de vol du colis? «Nous les assurons jusqu’à 2.500€. Mais ce n’est pas dans l’intérêt des livreurs car ceux-ci sont notés comme sur n’importe quelle plateforme.»

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La formule semble convaincre les clients car déjà 10.000 colis ont été livrés depuis le début de l’année et la jeune entreprise revendique une croissance  record de 15% par semaine. De quoi chasser le spectre de Drivoo et consorts?