Pas le temps de récupérer Théo à son entrainement de sport, trop cher le trajet en train pour amener Léa chez ses grands-parents dans le Sud, compliqué de dénicher un baby-sitter ce week-end…

Dans l’écosystème de l’économie collaborative, il existe (presque) une application pour chaque besoin. Il est donc normal que les pères et mères en détresse y trouvent leur bonheur.

Mais confier sa progéniture à un inconnu, est-ce la bonne idée? Pour générer du trafic sur ces sites, la question de la confiance est une fois de plus au centre des échanges. Si vous êtes d’un naturel rassuré, voici quatre plateformes qui pourront vous aider.

Hopways, le covoiturage des petits

Mis en route l’année dernière, le site collaboratif Hopways veut faciliter le quotidien des parents sur les trajets d’accompagnement des enfants. A pied, en métro ou en voiture, des parents mutualisent donc leurs déplacements lorsqu’ils déposent leurs bambins à l’école ou aux activités extrascolaires en conduisant l’enfant d’une autre famille qui se rend sur le même chemin.

Soucieuses de cultiver la confiance entre les parents, les fondatrices de Hopways ont misé sur la sécurité. Il faut obligatoirement s’inscrire sur le site et publier son trajet pour avoir accès aux trajets similaires des autres parents. L’échange de coordonnées n’est possible que lorsque deux familles se sont accordées sur la route à prendre.

Julie Bongers, qui fait partie des 5.000 utilisateurs de la plateforme, souligne l’importance du système de notation et des échanges téléphoniques en amont. Pour cette maman, «la confiance se tisse au fur et à mesure». L’autre atout de Hopways selon elle: «c’est rassurant de savoir que le parent n’est pas seul avec mon enfant mais accompagne aussi son propre enfant.» Depuis le lancement du site, 2.000 trajets ont été effectués à Paris. Prochaine étape? S’étendre à Lyon et en Bretagne.

KidyGo, sur les rails de l’accompagnement en train

Après les baby-sitters, les cat-sitters, voici le temps des Kidysitters. Plateforme, fondée par deux jeunes Lyonnais, KidyGo garantit depuis quelques mois de mettre en relation des particuliers, majoritairement des étudiants, avec des parents désireux de confier leurs enfants, le temps d’un voyage en train.

«Après avoir posté une annonce sur le site, j’ai eu très rapidement deux réponses», raconte Valérie Maertens, qui n’a utilisé le service qu’une seule fois depuis son inscription. «Il a récupéré ma fille à l’Eurostar, car elle revenait d’une colo en Angleterre. Ils sont allés ensemble Gare de Lyon pour prendre un train direction Chamonix. C’est là que j’ai attendue ma fille», continue-t-elle.

 

Capture d'écran KidyGo

 

KidyGo est aussi pratique qu’économique. «Plutôt que de payer l’aller-retour, le parent rembourse au voyageur tout ou partie du prix du billet. C’est un service gagnant-gagnant», affirme Joanna Faulmeyer, cofondatrice du service collaboratif, qui fédère 1.000 parents et 5.000 Kidysitters. Valérie Maertens a vite fait les comptes: «J’avais fixé comme prix 100 euros, c’était trois fois moins cher que si j’étais passé par le service Junior et Compagnie de la SNCF, qui en plus n’est pas très souple.»

Quid du volet confiance? En plus des classiques échanges téléphoniques, les parents ont la liberté de «réaliser un entretien vidéo avec celui qui prendra en charge l’enfant», assure Joanna Faulmeyer. Se fier aux précédentes notations sur le profil des Kidysitter est aussi un gage de confiance, pour Valérie Maertens qui avoue avoir choisi de répondre à l’annonce du neveu de l’une de ses connaissances.

Happy Sharing, la garde d’enfants à l’échelle d’un quartier

Tout le monde n’a pas une sœur ou un oncle prêt à garder quelques heures votre chérubin. Happy Sharing vient à la rescousse des parents parisiens en mal de dépannage. Par cette plateforme d’échange gratuit, deux familles vivant dans le même quartier ou le même arrondissement entrent en contact pour que l’une garde l’enfant de l’autre le temps d’une soirée ou d’une après-midi.

«Le service marche très bien dans le 2ème, 3ème et 10ème arrondissement de Paris, là où il y a de nombreuses familles», explique Nathalie Tshiamala, fondatrice du site né en décembre dernier. Bientôt, cette maman célibataire espère conquérir le 12ème arrondissement dans lequel elle vient de déménager. Son ambition? Développer ce service de manière plus sécurisante. Choisir la famille qui gardera son enfant via des affinités ou centres d’intérêts communs est une éventualité parmi d’autres.

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Olivier Girard, papa d’une fillette de 6 ans, est l’un des 310 utilisateurs du site. Il est passé plusieurs fois par Happy Sharing pour la faire garder. «La fondatrice du site a organisé plusieurs rencontres entre tous les parents de la communauté pour créer un réseau d’entraide et apprendre à mieux se connaître. C’est rassurant et ça permet de faire de nouvelles rencontres», estime-t-il.

Pour assurer trouver un modèle économique et assurer la pérennité de Happy Sharing, sa fondatrice aimerait à terme monétiser le service. Mais pas question de le faire reposer sur un abonnement annuel.

Whisperies, tous des pères Castor pour racontez une histoire

Même l’économie traditionnelle creuse son sillon dans l’esprit du collaboratif. Marre de raconter toujours la même histoire à vos enfants? Whisperies met à disposition des parents une cinquantaine d’ouvrages jeunesse co-créés par 600 auteurs professionnels ou non et des illustrateurs. C'est collaboratif et en plus ça renouvelle le genre.

«Notre souhait est de faciliter la lecture à l’aide d’animations avec des livres qui coûtent entre 1,70 € et 2,50 €», développe Adeline Fradet, cofondatrice du site en 2013. La variété du catalogue qui s’étoffe de semaine en semaine a conquis Marion, mère de deux enfants, qui salue au passage «l’aspect ludique de la lecture grâce à l’animation».