Remonter des informations géolocalisées en quelques secondes à votre mairie, c’est possible grâce à des plateformes participatives. Fondées sur le crowdsourcing, principe basé sur la collaboration d’internautes qui partagent informations et idées, ces applications se veulent le relais entre les citoyens et leur municipalité. Présentation de ce service avec quelques exemples d’initiatives.

FixMaVille, quadriller l’Hexagone

Signaler un nid de poule, des problèmes d’éclairage, la présence de détritus n’importe où en un clic: c’est l’ambition de FixMaVille qui mise sur la mobilisation des citoyens. Cette application est née en 2013 sous l’impulsion du Nantais Cédric Houssin. «Notre souhait est de permettre aux habitants de faire remonter des anomalies auprès des mairies et favoriser la démocratie participative», explique le fondateur. FixMaVille compte aujourd’hui 500 utilisateurs et revendique près de 1000 signalements cette année.

Si la majorité des utilisateurs réguliers se concentre sur le bassin nantais, l’application a vocation à s’étendre à l’ensemble de la France. «Nous sommes en discussion pour proposer ce service à une ville du Sud Ouest», continue Cédric Houssin. Prochaine étape? Nouer des partenariats avec des plateformes collaboratives tournées vers l’échange et l’entraide à l’échelle locale.

JaideMaVille, mélanger utilité publique et réseau social

Sur le même modèle, l’application de démocratie participative JaideMaVille, cofondée par les Bordelais Julien Boyé et Baptiste Yvenat, permet aux citoyens et usagers de pointer les dysfonctionnements de leur ville en temps réel.

Signaler à la mairie puis suggérer mais aussi féliciter: la philosophie de JaideMaVie repose sur un système de gratification avec des likes comme sur Facebook. A chaque signalement, le citoyen gagne des points, ce qui lui permettra d’avoir un classement et d’obtenir des badges. Lancée en 2015, cette application participative de citoyenneté proche, qui fédère 900 inscrits, aimerait rayonner au-delà de Bordeaux.

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DansMaRue, proposer plus de verdure à Paris

Cette application se présente comme celle qui «met le doigt sur ce qui ne va pas». Mise en place par la mairie de Paris en 2013, DansMaRue permet de transmettre les anomalies dans une rue comme les graffitis. Aujourd’hui, 3.000 à 3.500 anomalies sont déjà remontées par les Parisiens chaque mois.

Cette année est placée sous le signe de la nouveauté. «Nous allons bientôt proposer une nouvelle version», souligne fièrement Jean-Philippe Clément. Le souhait du créateur de l’application mobile est de garantir à tous les Parisiens de pouvoir proposer des lieux afin de mieux végétaliser les rues de la capitale. Pied d’immeuble, mur, placette, mobilier urbain… parmi les propositions, 200 lieux publics seront choisis et végétalisés.

Comment ça marche? Vous identifiez un espace près de chez vous, et en vous connectant sur DansMaRue, vous soumettez une proposition à la mairie dont les services vérifient la faisabilité technique du projet. Cette démarche participative a pour objectif, d’ici 2020, de créer 30 hectares de nouveaux espaces verts à Paris.

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Pour trouver la source de ces initiatives, direction les Etats-Unis. Les Français se sont inspirés de Adopt-a-Hydrant, créée en 2009 par une l’ONG Code for America. Cette application a été développée pour mobiliser les habitants de Boston à prendre soin de l’une des 13.000 bouches d’incendies de la ville. Plus proche de nous, des applications citoyennes, comme BetterStreet en Belgique et FixMyStreet en Angleterre, s’imposent aujourd’hui sur la scène du crowdsourcing dédié aux villes.