C’est en parcourant un article sur la pauvreté en France que Gregory Molter a eu le déclic. «J’ai lu qu’un enfant sur cinq vivait sous le seuil de pauvreté dans notre pays. Au début je n’y croyais pas et pourtant, c’est vrai. J’étais choqué!», confie-t-il. Sa prise de conscience se double d’une constatation: «J’ai remarqué que l'humanitaire n'avait pas encore été uberisé.»

Père de deux enfants, cet ancien employé du numérique décide alors de créer un réseau «d’anges gardiens» qui fonctionnerait grâce à un système de cartographie. Les statuts de l’association sont déposés en décembre 2015 et l'initiative fait rapidement des émules. En quatre mois, pas moins de 650 bénévoles ont adhéré à Benevole At Home.

Comment ça fonctionne?

Le principe est simple: les volontaires s’inscrivent sur le site ou sur l’application (disponible sur iPhone et bientôt sur Android) et proposent leur aide. Chacun peut offrir un coup de main à la hauteur de ses moyens: un café, une lessive, de l’aide pour rédiger un CV, des denrées alimentaires ou encore des produits pour bébé. Chaque «ange-gardien» doit également renseigner ses disponibilités horaires. Il se voit ensuite attribuer un numéro qui garantit son anonymat et apparaît alors sur la carte des bénévoles de l’association.

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«Au début, l’idée c’était d’offrir un repas chaud mais je me suis rendu compte que ça posait tout un tas de problèmes et que tout le monde n’était pas prêt à accueillir des inconnus chez soi», raconte Gregory Molter. Il a donc repensé le concept pour pouvoir offrir de l’aide «juste en bas de chez soi».

L’anonymat garantit lors de la mise en relation

Pour se faire aider, les personnes en difficulté peuvent contacter Benevole At Home via une adresse email. L’association les dirige alors vers l’ange gardien qui pourra répondre à leurs besoins et organise une rencontre dans le quartier du bénévole concerné. «On les incite à rester avec les bénéficiaires pour prendre un café, discuter un moment. C’est aussi un prétexte pour créer du lien social», précise Gregory Molter.

Le principe de cartographie des bénévoles permet également à des passants ou des associations humanitaires de contacter l’association. «Ce ne sont pas forcément les gens en direct qui nous sollicitent. Souvent ce sont des personnes extérieures à la famille qui font la démarche», observe Gregory Molter. Il souligne que l'association s'adresse d'abord à un public «qui a du mal à joindre les deux bouts» et pour qui «les fins de mois sont difficiles», comme des femmes isolées avec leurs enfants.

A terme, l’association aimerait développer un centre d’appel pour faciliter la mise en relation avec les bénévoles. Un espace anonyme où les anges gardiens pourraient chatter avec les bénéficiaires est aussi en cours de réflexion.

 L’humanitaire à la carte

IMG_3744Donner quand on veut, ce que l’on peut, c’est le point fort de Bénévole At Home. «J’ai été séduite par la simplicité du fonctionnement de l’association», explique Clémence, jeune bénévole de 27 ans. «Le rapport est simple et direct avec les personnes qui ont besoin d’aide, ce n’est pas comme dans les autres associations où on a l’impression qu’il faut d’abord s’intégrer à la structure», confie-t-elle.

Pour l’instant, la jeune femme est venue en aide à une mère de famille qui avait besoin de couches pour son enfant: «L’association m’a appelée en me demandant si je pouvais exceptionnellement acheter des couches, puis j’ai reçu un mail avec l’heure et l’endroit exact du rendez-vous.» Si l’échange à été court, Clémence a néanmoins trouvé l’action très positive. «On se sent utile, de manière très concrète», conclut-elle.

A l'image de Clémence, 9 bénévoles sur 10 sont aujourd'hui des femmes «jeunes et connectées», précise Gregory Molter.

En quatre mois d’existence, Benevole At Home a déjà organisé une soixantaine de rencontres. L’humanitaire de proximité est bel et bien en marche.