L’un manque de temps ou de compétences, l’autre a besoin de se renflouer ou l’envie de dépanner. De plus en plus de plateformes de mise en relation entre particuliers se créent à la faveur de l’économie collaborative, en réponse à la crise actuelle.

La professionnalisation de ce système D se fonde sur un principe d’entraide, qui a vu le jour il y a quelques années aux Etats-Unis. Le phénomène du jobbing se développe maintenant en France.

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Je me propose, le Bon Coin du jobbing

Conseil juridique, coaching sportif, transport à la personne… Avec ses 250.000 membres inscrits et ses 100.000 annonces actives sur toute la France, Je me propose a été dans les premiers à surfer sur le jobbing. Ce site met en relation ceux qui cherchent une aide et ceux qui proposent leurs services, contre rémunération ou parfois gratuitement.

«Pour gagner en visibilité, il faut payer pour mettre en avant les annonces», explique Fabrice Robert, cofondateur du site, né en 2012. Les nouveaux inscrits sont signalés via un abonnement gratuit à des alertes en temps réel.

Au-delà des petites annonces classiques, à la manière du Bon Coin, l’onglet «collaboratif» laisse place à l’échange de services gratuits comme le troc de connaissances informatiques contre des travaux de terrassement.

Frizbiz s’envole pour les services de bricolage

Cap sur le bricolage depuis que l’enseigne Leroy Merlin a investi en juin dernier dans le capital de Frizbiz, start-up française d’échange de services entre particuliers. Vous achetez une tringle mais ne savez pas comment la monter? Pas de panique, «un des 60.000 jobbers vous apportera un coup de main à domicile», affirme Augustin Verlinde, cofondateur du site.

Valentin est inscrit sur la plateforme depuis un an: pose de carrelage, peinture, installation de sangle de volants roulants, ses services en bricolage sont multiples. A l’inscription, il était anonyme: personne ne lui accordait de la confiance. «Au terme de mon premier job, j’ai bénéficié d’avis positifs et j’ai enfin pu décoller. Aujourd’hui, mes petits travaux me rapportent entre 200 et 300 € par mois, c’est un vrai complément de revenus», affirme le jeune homme.

Stootie, de l’entraide en quelques minutes

Esthétique et ergonomique, Stootie promet une «mise en relation instantanée» entre 200.000 «stooters» qui gravitent principalement en Ile-de-France. Le but du site? connecter les habitants d’un même quartier pour retisser du lien social. C’est clairement cette philosophie de solidarité de proximité qui a séduit Alexandre Gaillot qui a pu «trouver un réparateur de moto en 2 minutes».

Utilisateur de la plateforme depuis son lancement, il l’utilise aussi afin d’offrir ses services de réparation de smartphone contre un pourboire. «Je ne fais pas ça pour l’argent car je suis dans une logique d’entraide», explique le résident de Rueil-Malmaison.

YoupiJob gage sur la confiance et la transparence

Confiance et transparence sont les piliers sur lesquels repose cette plateforme, riche de 80.000 «jobbers». Sur ce site, impossible d’avancer masqué: «vous devez valider votre inscription en communiquant votre identité», affirme Bertrand Tournier, fondateur du YoupiJob, lancé en janvier 2013. Selon ce dernier, l’importance d’une bonne évaluation du «jobber» par le client est primordiale.

La transparence sur la question de la déclaration des revenus s’inscrit dans ce sillage. «Pour remplir vos obligations envers l’administration fiscale française, vous devez renseigner vos revenus issus de YoupiJob en tant que revenus complémentaires lors de la déclaration de vos impôts sur le formulaire 2042-C», avertit le site.

En se donnant des «coups de main» à moindre frais, les particuliers doivent garder en tête que le marché du jobbing n’échappe pas à la réglementation. Comme pour toute activité issue de l’économie collaborative, les gains que tirent les particuliers tirent de cette économie en plein essor, sont bien sujets à la taxation.