Si Paris reçoit les JO de 2024, ce sera peut-être grâce à ces trois jeunes Français. Partis de Roissy le 3 août, Tristan, Juliette et Roman viennent de déposer leurs valises à Rio de Janeiro pour toute la durée des jeux. Loin des cocktails et des bikinis, ces trois salariés de l’incubateur de start-up Numa vont s’atteler à rencontrer les jeunes entreprises locales afin de mieux préparer le dossier de candidature de la France.

«Quand on dit 2024, on pense tout de suite science-fiction. Mais en fait le choix de la ville hôte se fera en septembre 2017. Nous devons donc nous y préparer dès maintenant», annonce Tristan Lebleu, l’un des ambassadeurs.

Paris Vs Los Angeles

Mais que vient faire le Numa dans ce dossier? «Paris a de fortes chances de se retrouver coude à coude avec Los Angeles pour l’organisation des JO de 2024. Alors la mairie a choisi de se démarquer de la Silicon Valley en mettant en avant notre propre capacité à innover», explique-t-il.

Un domaine où le Numa est reconnu: à l’origine du premier espace de coworking en France dès 2008, il est aussi le premier et le plus important des incubateurs de start-up de notre pays avec 109 entreprises accompagnées depuis 2011 dont, fait notable, 85% ont survécu.

Ces compétences ont permis au Numa de remporter l’appel à projet du Groupement d’intérêt public en charge de la candidature avec sa proposition d’impliquer «l’écosystème des start-up» à travers une plateforme nommée Smart Paris 2024.

Chaos carioca

Avec ce voyage d’étude [financé par la MAIF, partenaire de cette rubrique], les trois jeunes salariés de l’incubateur vont pouvoir analyser l’impact des JO sur les entreprises locales et en tirer de précieux enseignements. «Quand les Cariocas ont appris il y a huit ans que leur ville hébergerait les JO, ça a été une véritable opportunité pour eux», estime Tristan Lebleu.

D’autant que le Brésil a de nombreux problèmes à gérer: une ville et un état de Rio en faillite, une nouvelle ligne de métro inachevée, des grèves de policiers, le virus Zika, une classe politique entière menacée par l’enquête Lava Jato et une présidente suspendue sous la menace d’une destitution.

«Rio est une ville chaotique mais c’est aussi la source de sa créativité. On le voit partout à travers de nouvelles applications pour gérer les problèmes des transports ou pour améliorer la transparence politique.»

Démocratie participative

C’est ainsi qu’est née Meu Rio en 2011: une plateforme de démocratie participative qui rassemble aujourd’hui  plus de 120.000 cariocas et permet de résoudre les problèmes locaux en faisant pression sur les décideurs à travers les réseaux sociaux.

>>> Retrouvez tous les articles de 20 Minutes consacrés à l'économie collaborative

En plus de cette plateforme, les trois Français iront à la rencontre de succès locaux comme Nubank (paiement par mobile) ou Easy Carros (nettoyage de véhicule à domicile) ainsi que d’initiatives low tech ou frugales. Parmi celles-ci, la Casa Geração Vidigal: une école de mode collaborative qui permet aux habitants des favelas de se former à la couture. Des découvertes qu’ils partageront avec les Français sur leur blog créé pour l’événement.

«Nous croyons très fort au potentiel des économies émergentes. C’est pour cela que nous avons ouvert ces dernières années des bureaux à Moscou, Casablanca, Mexico et Bangalore». Prochaine étape Rio?