Mon portefeuille est vide, mais c’est moi qui l’ai fait! Attirée comme beaucoup par le travail manuel qui prime sur le bouillonnement cérébral, je me suis mise au «Do it yourself». Mon défi: fabriquer un petit porte-monnaie en cuir, de A à Z. Autant dire que pour moi, l’opération relève des hautes sphères du savoir-faire. Choix des couleurs et des matières, découpe, personnalisation avec l’empreinte d’un message, couture… Je paie 70€ et dispose de trois heures auprès de Valérie, une ancienne préparatrice en pharmacie reconvertie en fée du cuir tanné.

58% des Français aimeraient se reconvertir dans l'artisanat

C’est en découvrant Wecandoo.fr que j’ai pu rencontrer cette jeune maroquinière. Depuis février 2017, We Can Doo surfe sur le business d’expériences, en investissant une niche prometteuse: l’artisanat. Concrètement, elle crée des rencontres entre particuliers curieux de tester leurs talents cachés, et professionnels en recherche d’une nouvelle clientèle. Les fondateurs de cette start-up ont de quoi fondé leurs espoirs sur l'attrait des Français pour l'artisanat. Selon une récente étude du FNPCA (Fonds national de promotion et de communication de l’artisanat), 94% ont une image positive des artisans et 58% aimeraient se reconvertir dans ce secteur s’ils en avaient la possibilité.

Valérie propose aussi un atelier de création de chaussons en cuir. Crédit: A. Bertier/20 Minutes

Valérie propose aussi un atelier de création de chaussons en cuir. Crédit: A. Bertier/20 Minutes

>>>Retrouvez tous les articles de 20 Minutes sur l'économie collaborative

Au 9, avenue de Gambetta dans le 20e arrondissement parisien, rien n’indique la présence d’une pièce pleine de sacs, de chaussons de nourrissons, et de chutes de cuir. Pourtant, derrière la porte, j’ai accès à cet univers coloré, en compagnie de Marina et Salomé, impatientes de débuter leurs créations. «J’avais déjà fait un stage d’une semaine en maroquinerie et j’avais adoré. J’ai même pensé un moment à me reconvertir dans ce milieu», me raconte Marina. Première étape de l’atelier: choisir les couleurs et les matières. «Tout est possible», lance Valérie, en débitant un flot de propositions.

«J’adore transmettre ma passion»

Marina en pleine découpe des éléments de son futur porte-monnaie. Crédit: A. Bertier/20 Minutes

Marina en pleine découpe des éléments de son futur porte-monnaie. Crédit: A. Bertier/20 Minutes

J’opte pour des couleurs safran et bleu électrique, et un velours souple pour les soufflets. Je dessine ensuite les contours des patrons en carton, la base de toute réalisation, puis découpe la matière à l’aide d’un cutter. Le tout sous l’œil bienveillant de Valérie. «J’adore transmettre ma passion. J’ai déjà l’habitude de le faire avec des stagiaires en maroquinerie, raconte-t-elle. Avec We Can Doo, J’ai tout le plaisir de la transmission sans les contraintes, parce que les clients ne viennent pas dans le but d’acquérir un savoir-faire.»

Ces ateliers lui permettent avant tout d’accéder à une nouvelle clientèle «qui ne serait jamais venue autrement»: une fillette de 12 ans et sa mère, une cinquantenaire attirée par une reconversion professionnelle… Des femmes, en grande majorité, qui allient plaisir de la création et prise de conscience. «Permettre aux gens de comprendre pourquoi les articles d’un artisan sont vendus un peu plus cher, c’est aussi ça, l’intérêt», m’explique un des cofondateurs.

Valérie nous montre comment coudre notre porte-monnaie, la partie la plus délicate de l'atelier. Crédit: A. Bertier/20 Minutes

Valérie nous montre comment coudre notre porte-monnaie, la partie la plus délicate de l'atelier. Crédit: A. Bertier/20 Minutes

Après avoir assemblé à la colle les éléments de nos porte-monnaie, Valérie nous propose de baptiser notre création à l’aide de poinçons et d’un marteau. Ce sera le surnom d’une amie pour moi et «Dad» pour Marina qui l’offrira à son père. Le moment le plus délicat arrive finalement: coudre l’ensemble du porte-monnaie. Après quelques points d’entrainement, on se lance les unes après les autres, à la fois amusées et gentiment effrayées par la machine à coudre qui s’emballe.

Ma petite création dans les tons safran et bleu. Crédit: A. Bertier/20 Minutes

Mon petit porte-monnaie n'est pas parfait mais c'est moi qui l'ai fait! Crédit: A. Bertier/20 Minutes

Non, réaliser une couture bien droite n’est pas si simple que ça, et, non, l’appareil ne marche pas tout seul… Au bout de 3h de tâches, je repars avec ma petit œuvre à la main et la satisfaction du travail bien fait. Qu’il est bon de pouvoir dire «I can "doo" it!».