Un lieu isolé en région parisienne. Douze équipes qui doivent construire un objet ou une machine en cinq semaines seulement. Leur mission: montrer que l’avenir de la planète passe aussi par des solutions concrètes, et pas seulement par de grands accords entre Etats.

Bienvenue au château de Millemont, dans les Yvelines, à 50km de Paris. C’est dans cette bâtisse du 18e siècle, placée au milieu des champs, que POC21 a établi son camp de base. POC, pour «Proof of concept», que l’on peut traduire par «la preuve que ça marche». Un acronyme pour faire écho à la COP21, la conférence sur le climat qui se déroulera du 30 novembre au 11 décembre à Paris.

Douze projets sélectionnés

«Nous ne sommes pas le contraire de la COP21, explique Benjamin Tincq, co-organisateur de POC21. Notre but, c’est d’apporter quelque chose de plus. Les Etats doivent prendre des engagements pour la planète, mais notre avenir passe aussi par les innovateurs, les inventeurs.»

POC21-Chateau

Le château de Millemont.

Douze projets d’avenir ont été sélectionnés et invités à venir travailler à Millemont par POC21. Cela va de l’éolienne à 30€ (lien en anglais), à la gourde qui filtre l’eau sale. Depuis la mi-août, tous les porteurs de projets construisent leurs innovations côte à côte, et développent leurs plans en Open source. «Personne ne travaille seul dans son coin. Chaque équipe discute avec les autres, il y a de l’entraide, des échanges constants», assure Benjamin Tincq.

Experts à la carte

De ces discussions naissent parfois des idées qui permettent d’améliorer son projet. C’est ce qui s’est passé pour Mauricio Cordova. Ce Péruvien développe la gourde permettant de filtrer l’eau sale instantanément: «en discutant avec d’autres membres de POC21, je me suis dit que j’allais peut être pouvoir imprimer mon filtre grâce à une imprimante 3D, alors que pour l’instant il faut l’acheter dans le commerce.»

Des «supporters» sont aussi présents pour épauler les porteurs de projets. Ce sont des spécialistes en design, en marketing, ou encore en fabrication. L’équipe de «Sunzilla», qui fabrique des panneaux solaires faciles à déplacer, a eu recours à cette aide. «On a développé notre plan marketing ici, assure Vivien, l’un des ingénieurs de l’équipe. Les conditions de travail sont parfaites. Si tu as besoin de quelque chose tu n’as qu’à demander.»

Vie en communauté

Depuis la mi-août, c’est donc un immense espace de co-working qui s’est organisé au château de Millemont, divisé en plusieurs zones. Dans les salles avec parquet au sol et dorures sur les murs, les ordinateurs côtoient les imprimantes 3D. A l’extérieur, un espace de fabrication a pris possession des anciennes écuries. On peut y découper du bois, souder le métal, peaufiner ses prototypes. Enfin, des tentes ont été dressées dans les jardins, car tout le monde dort sur place.

POC21-Douche

Les douches de POC21, construites en quelques jours par les participants au projet. (B.Benoit / 20 minutes)

Si le cadre est magnifique, on est bien loin de la vie de château. «Tout le monde participe aux tâches collectives, détaille Jenn, membre de l’organisation. Il faut faire la cuisine, nettoyer les toilettes, les douches. Il n’y a pas de passe-droits, pas de chef.»

Une vie en communauté étalée sur cinq semaines et qui coûte 950.000€, un montant entièrement pris en charge par des partenaires publics et privés. Après plus d’un mois de travail, toutes les équipes sont maintenant tournées vers un seul objectif: la réalisation de leurs objets avant leur présentation le 19 septembre à Millemont (ouverte au public sur inscription).