Prenez 175 co-patrons et un local à deux pas de la gare de Lyon à Paris. Ajoutez un zeste de coworking et une grande rasade de convivialité. Secouez et vous obtenez le Social Bar.

Ouvert depuis le 4 octobre, ce nouveau troquet ne désemplit pas. Et pour cause: au Social Bar, on ne vient pas tant pour la bière, qui est pourtant artisanale, que pour l’ambiance. «Notre but, c’est de faire se rencontrer les gens», explique Renaud, l’un des cofondateurs qui sert ce soir au comptoir. «On s’est dit que ça manquait à Paris. C’est quand la dernière fois que vous avez parlé à quelqu’un dans une soirée?»

Boîte à défis

Pour créer la rencontre, les co-patrons ont de l’imagination: «On a une boîte à défis dans laquelle vous pouvez piocher ainsi qu’une table des inconnus où vous payez moins cher. Il y a aussi le social-phone qui permet d’appeler des clients mystères et plein d’autres trucs comme jouer votre boisson aux dés. A condition de le faire avec un inconnu, encore une fois.»

Marguerite, une cliente, nous confirme: «Ça permet tout de suite de briser la glace. Tout à l’heure, j’ai mimé le film Gladiateur à un type et il n’a pas trouvé. En échange, il a lancé les dés au bar et m’a fait gagner un euro sur ma boisson!». Ravie de sa soirée, elle confie: «En tant que nana, ça change. Il y a une espèce de bienveillance, de périmètre de sécurité. Tu peux aller voir un inconnu sans arrière-pensées.»

Démocratie participative

Elle-même est venue attirée par le thème de la soirée : la démocratie participative et les civic-techs. Car en plus d’être convivial, le social bar se veut impliqué dans l’économie collaborative. «En tout, nous sommes 175 co-patrons», explique Renaud. «Nous avons financé notre projet grâce à la plateforme 1001pact qui permet d’investir dans des entreprises à vocation sociale ou environnementale». Ce ne sont pas moins de 46.000€ qui ont  ainsi été collectés sous forme d’actions.

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«Concrètement, quand vous êtes co-patron vous pouvez participer aux AG, choisir la musique, passer derrière le bar, organiser une soirée par an et vous participez à l’élaboration du projet.  Votre nom est même gravé sur un des verres!»

Sur le notre se trouve le prénom «Anne-Cha». «C’est la directrice des partenariats de la NEF, la banque éthique », commente Renaud. «En fait, on vient tous de l’économie sociale et solidaire.» Afin de respecter ces valeurs, les actionnaires ont choisi de reverser 50% des bénéfices du bar à des œuvres caritatives. Les embauches quant à elles se feront prioritairement dans un public en insertion.

Coworking à prix libre

En journée, on peut venir au Social Bar pour déjeuner ou pour travailler car c’est aussi un lieu de coworking. «On lui dit?», glisse Abdel qui nous a rejoint. «On faisait payer 5€ de l’heure mais on trouvait ça encore trop cher et puis on n’est pas l’Anticafé. Alors on vient de décider de faire ça à prix libre.» En clair: n’importe qui peut venir profiter du Wi-Fi et donne ce qu’il veut à la fin de la journée. De quoi aider de nombreux autres projets collaboratifs à émerger…