L'application Hop Hop Food, actuellement en phase test, verra le jour cet été.

L'application Hop Hop Food, actuellement en phase test, verra le jour cet été. Crédit photo: Hop Hop Food

«Tout le monde sait qu’il y a du gaspillage, mais il n’existe pas grand-chose pour donner sa nourriture à son voisin plutôt que de la jeter.» Et pourtant plusieurs start-up sont lancées dans le domaine de l'anti-gaspillage! Jean-Claude Mizzi, cofondateur de l’association Hop Hop Food, espère bien que l’application du même nom, gratuite et actuellement en phase test, sera une solution au gaspillage alimentaire. Hop Hop Food devrait voir le jour cet été et sera destinée à tous les particuliers, «car tout le monde gâche, les plus pauvres comme les plus riches», précise Jean-Claude Mizzi.

Un smartphone au lieu d’une poubelle

Le principe est simple: «Vous avez de la nourriture chez vous et voulez vous en débarrasser? Au lieu de jeter vos yaourts que vous n’aurez pas le temps de consommer parce que vous partez en vacances, vous prenez votre smartphone et indiquez que cet aliment est à disposition.» Encore faudra-t-il que l’application soit la plus simple d’utilisation possible, pour que les gens adhèrent au projet. «L’action de proposer un aliment sur l’application ne doit pas être plus longue que celle d’ouvrir la porte de son frigo, prendre l’aliment et soulever le couvercle de sa poubelle. On sait que ce sera compliqué», reconnait Jean-Claude Mizzi.

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Pour mettre en ligne le produit, on commence par créer son profil et se géolocaliser pour être contacté par ses voisins. La deuxième étape consiste à indiquer la nature de l’aliment qu’on veut donner grâce à un pictogramme, et le décrire si besoin. L’utilisateur pourra également prendre une photo. Le produit sera automatiquement indiqué comme périmé au lendemain du post, mais la date pourra être modifiée.

Du paquet de pâtes aux fruits qui traînent dans la corbeille, en passant par les deux parts de tarte de la veille, tout y passera. Et les normes sanitaires dans tout ça? L’application étant juste un service de mise en relation de particuliers, l’association se dédouane de toute responsabilité en cas d’intoxication alimentaire. «Mais elle aurait tout intérêt à donner un maximum de recommandations à ses utilisateurs pour diffuser les bonnes pratiques et se prémunir en cas de litige», explique Flore Berlingen, membre de l’association de protection de l’environnement Zero Waste.

Vision solidaire

Au-delà de cette plateforme ouverte à tous, Hop Hop Food développera un projet solidaire à destination de publics cibles. «On veut faire des collectes alimentaires qu’on distribuera dans les foyers, les résidences étudiantes, auprès des migrants…» Dans ce cas, «la responsabilité de l’association est beaucoup plus engagée que dans la simple mise en relation des particuliers via l’application», met en garde Flore Berlingen. Un certain nombre de produits sensibles, comme la viande, ne pourront pas être récupérés. «Hop Hop Food pourra s’appuyer sur la solide expérience des associations de glanage», précise Antoinette Guhl, en charge de l’Economie sociale et solidaire à la mairie de Paris.

Cet été, Jean-Claude Mizzi prévoit d’expérimenter le dispositif dans les 11e et 18e arrondissements de Paris. Et il y a fort à faire. Dans la capitale, le gaspillage alimentaire est trois fois plus important qu’ailleurs, selon la ville, qui peine à expliquer pourquoi. «Il y a plus de gens qui habitent seuls à Paris. Or en grande surface, on est incité à acheter beaucoup, donc on gâche», analyse Antoinette Guhl. Il y a trois ans, Paris a lancé un plan d’actions pour diminuer le gaspillage alimentaire de moitié d’ici 2025. La ville a déposé un appel à projet anti-gâchis d’1,5 million d’euros, auquel Hop Hop Food a récemment répondu, comme 69 autres structures. L’association saura en juillet si son projet a été retenu. Avec un peu de chance, vos yaourts ne passeront pas les vacances d’été dans votre frigo.

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