Depuis la mi-août et jusqu’au 18 septembre, le camp d’innovation POC21 s’est installé au château de Millemont dans les Yvelines. Douze équipes sont à pied d’œuvre pour fabriquer des objets qui permettront de développer un monde plus durable. 20minutes vous propose de découvrir trois projets qui pourraient bientôt faire partie de votre quotidien.

1- Faircap, une démarche pas si gourde

La gourde filtre l'eau sale grâce à une membrane et du charbon actif.

La gourde filtre l'eau sale grâce à une membrane et du charbon actif.

Mauricio Cordova n’est ni designer, ni scientifique, ni ingénieur. Cet économiste péruvien travaille pourtant sur un projet qui nécessite toutes ces compétences : une gourde, baptisée Faircap, qui filtre instantanément l’eau pour la rendre potable.

Le grand projet de Mauricio, c’est que sa gourde magique soit vendue 1 dollar partout sur la planète. «Dans le Tiers-monde, cela permettrait d’éviter les maladies liées à l’eau non traitée, qui font des dizaines de milliers de morts chaque année» détaille l’économiste. Mauricio assure qu’il ira jusqu’au bout: «même si aucune entreprise ne veut développer le projet, je le financerai avec une campagne de crowdfunding.»

Démonstration efficace

«Un filtre permet de traiter environ 1000 litres d’eau sale, explique Mauricio. Il retient les bactéries et les polluants chimiques.» Et pour démontrer l’efficacité de son invention, il n’hésite pas à mélanger de la terre et de l’eau dans sa gourde, avant d’en boire une grande gorgée. «Ça marche», assure-t-il avec un grand sourire.

L’idée lui est venue lors d’un voyage en Amazonie. «Je me suis dit qu’il fallait développer une unité de purification facile à emporter, et qui fonctionne sans électricité.» Son filtre est constitué d’une membrane achetée dans le commerce et de charbon actif. Il est ensuite inséré dans un tube de PVC puis connecté à la bouteille.

2- Sunzilla, que la lumière soit

Vivien devant son générateur solaire mobile.

Vivien devant son générateur solaire mobile.

Sunzilla, c’est l’histoire d’une bande de potes, composée de cinq Allemands dont certains se connaissent depuis l’école primaire. De temps en temps, ils organisent des séances de cinéma en plein air, qui nécessitent un générateur diesel, lourd et polluant. «Un jour, on s’est dit que ce serait mieux de développer un générateur propre» explique Vivien, l’un des inventeurs.

Leur idée tient dans deux boites. L’une contient quatre batteries de 40kg chacune,  l’autre renferme des panneaux solaires qui se déplient comme des tiroirs. Une fois le matériel installé, il suffit de brancher n’importe quel appareil à la boite des batteries via une prise électrique.

Allumer le monde

«Niveau puissance, cela permet de recharger des dizaines d’ordinateurs en même temps, de faire marcher une sono, voire même de l’éclairage», affirme Vivien. Sunzilla peut fonctionner en continu par beau temps. La nuit, les batteries prennent le relais.

Pour l’instant, les jeunes ingénieurs cherchent surtout à vendre leur générateur propre aux festivals de musique.  Mais ce n’est qu’une partie de leur stratégie. A plus long terme, l’idée serait d’implanter ces générateurs solaires dans les régions du monde peu ou pas électrifiées. «Cela permettrait de créer un vrai réseau électrique, assure Vivien. On pourra connecter les générateurs distants de plusieurs kilomètres et électrifier de nouvelles zones.»

3- Biceps cultivatus, la cuisine à la force du poignet

Antoine et Yoann, deux des quatre designers de Biceps cultivatus.

Antoine et Yoann, deux des quatre designers de Biceps cultivatus.

Et si demain, les réfrigérateurs disparaissaient de nos maisons? Le projet Biceps Cultivatus veut proposer une alternative à nos modes de consommation et de conservation classiques. «On veut construire plusieurs modules qui pourront être installés dans les cuisines», explique Yoann Vandendriessche, l’un des quatre designers français qui travaillent sur l’idée.

Le premier module permettrait de cultiver un potager d’intérieur. Les légumes poussent dans un substrat fait de compost, alimenté par les épluchures et une culture de champignons. Le deuxième module, c’est la conservation par le sable. « Les carottes, les tubercules se conservent un mois dans le sable, pas besoin d’avoir un frigo pour ça», assure Yoann. Les designers ont même recréé une mini-cave grâce à des pots en faïence qui permettent de rafraîchir les aliments placés à l’intérieur.

Enfin, les concepteurs se sont penchés sur la préparation des aliments. Ils ont créé un mixeur qui fonctionne sans électricité. «On peut faire de la purée et même battre des œufs en neige avec», affirme Yoann. Comme tous les projets de POC21, il est en Open source. Le modèle économique de Biceps cultivatus, ce serait le conseil. «Les plans de bases sont consultables par tout le monde, détaille Antoine Pateau, designer associé au projet. Pour gagner de l’argent on proposera des versions adaptées pour les mairies, les restaurants, les usines, quelque chose de personnalisé.»

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