On les aperçoit parfois au détour d’un voyage. Les trains de marchandises empruntent les mêmes voies ferrées que ceux qui vous emmènent au travail, en week-end ou en vacances… Pour comprendre le quotidien des conducteurs de chez Fret SNCF, 20 Minutes s’est rendu à Chalon-sur-Saône pour rencontrer Hervé Chanel, conducteur de ces trains un peu particuliers depuis 12 ans.

fret-web

Hervé Chanel, ici dans la cabine de conduite d'un train de fret. Crédit photo: L. Garnier / 20 Minutes

Horaires décalés et agents polyvalents

Après huit années passées à conduire des TER sur Dijon, Hervé Chanel s’est tourné en 2005 vers le fret. Il effectue des trajets de jour comme de nuit reliant Chalon à Nîmes, Avignon, Metz ou encore Paris. Le tractionnaire aime son métier puisqu’«il n’y a jamais de routine». En effet, comme pour d’autres métiers SNCF, les horaires de travail des conducteurs sont décalés et le week-end. «En journée, aux heures de pointe, la priorité est donnée au transport de voyageurs. Nous nous engageons toutefois auprès de nos clients à respecter des délais de livraison précis. On travaille plus en décalé que les autres agents», annonce le conducteur.

hervé

Hervé peut parfois effectuer des trajets longs et de nuit. Crédit photo: L. Garnier / 20 Minutes

Horaires de nuit oblige, Hervé prend un soin tout particulier à sa santé: «On a une visite médicale sécurité obligatoire tous les ans», précise-t-il, avant d’ajouter: «Je peux conduire durant plusieurs heures la nuit. Il faut donc être en bonne forme». Au-delà des horaires, le métier de conducteur de Fret comporte plusieurs particularités: «D’abord, il faut savoir que dans le fret on est toujours seul dès le début de la prise de service jusqu’à la fin du trajet. On est très indépendant», raconte Hervé. Aucun autre agent n’est présent à bord des wagons et parfois, en cas d’aléas, le conducteur prend simplement sa casquette de technicien: «On doit gérer les aléas et mettre en pratique notre panel de compétences», confie-t-il. Si la situation l’exige, Hervé peut tout de même joindre le régulateur grâce à une radio en cabine.

«On transporte, en tonnes, l’équivalent de 48 camions par trajet»

Comme les quelques autres 1.500 conducteurs de trains de marchandises, Hervé peut transporter de tout dans ses wagons. Il énumère: «Des céréales, du minerai ou encore des semi-remorques.» Et parfois, les trains sont particulièrement lourds et il doit donc adapter sa conduite: «Le temps de freinage varie d’un trajet à un autre en fonction du chargement», commente le conducteur. C’est là que l’expérience fait la différence puisqu’un train de fret peut rouler jusqu’à 140 km/h et son chargement atteindre les 2.400 tonnes (soit l’équivalent de 48 semi-remorques), réparties au sein de convois de 850 mètres.

DSC_0014-web

Les trains que conduit Hervé ne font jamais le même poids. Crédit photo: L. Garnier / 20 Minutes

En tant que conducteur de fret, Hervé apprécie son indépendance: «Aujourd’hui encore je ne me lasse pas et je ne désire pas faire autre chose de ma vie», conclut l’agent tout en se dirigeant vers sa locomotive.

>>>Retrouvez tous les articles sur les coulisses de la SNCF