Le chorégraphe Mourad Merzouki.
Le chorégraphe Mourad Merzouki. - Michel CAVALCA

On peut mesurer les classiques à leur longévité. Créé en 1998, Récital est devenu la référence du hip-hop avec ses 500 représentations dans une cinquantaine de pays. Absent de la région lyonnaise depuis 2005, le spectacle de l'enfant du pays Mourad Merzouki s'offre un retour retentissant dimanche (vers 17 h 30) en concluant le défilé de la Biennale sur la place Bellecour. « Nous souhaitions montrer de la danse et pas seulement une grande parade », précise le co-directeur artistique du défilé 2012. Pour l'occasion, les 15 premières minutes de Récital vont être proposées sur une scène de 20 m avec… 40 danseurs au lieu de 6 habituellement. « C'est vraiment un rêve, il y a toujours eu un désir de revoir Récital et toutes ces années l'ont bonifié, se réjouit Mourad Merzouki. Personne ne l'aurait cru en 1998, alors qu'on me parlait d'une mode qui durerait au maximum un an. » La scénographie, pleine de légèreté et de dérision avec ces danseurs jouant du violon, a alors marqué un tournant dans un monde du hip-hop qui reposait surtout sur le freestyle. « Voir ce spectacle mythique à Fourvière en 1998 a changé ma vision de la danse, explique Mohamed Rouabah, chorégraphe stéphanois qui sera de la partie dimanche. Mourad a anobli la danse hip-hop, il l'a professionnalisée et a prouvé qu'elle n'était pas ghettoïsée. » Premier spectacle hip-hop dans le monde à franchir la porte des théâtres, y compris au Joyce Theater de New York, Récital garde un immense pouvoir de rassemblement. « Réunir sur scène des danseurs de 20 à 50 ans est ce qui me touche le plus, confie Mourad. Ce moment très fort va marquer l'histoire de la danse. »J. P.