Faute de solutions et de structures adaptées, Lucas fera classe cette année chez lui, avec Christine, sa maman.
Faute de solutions et de structures adaptées, Lucas fera classe cette année chez lui, avec Christine, sa maman. - C? VILLEMAIN / 20 minutes

Mardi matin à l'heure de la rentrée, Lucas n'est pas retourné en classe. L'école, il la fera désormais chez lui, assis à un bureau, près de son ordinateur, dans une pièce spécialement aménagée. C'est Christine, sa maman qui a endossé le rôle d'institutrice. Au programme de la matinée : révision des fondamentaux, à commencer par les additions. Lucas, âgé de 13 ans et demi, est autiste. Il ne parle pas, s'exprime uniquement à travers le langage des signes ou à l'aide de pictogrammes, s'automutile parfois lorsqu'il est en crise mais s'avère relativement autonome dans les gestes quotidiens. Jusqu'au mois de juin dernier, l'adolescent était scolarisé dans une Clis (classe d'intégration scolaire) à proximité de chez lui, dans le Beaujolais. Mais, ayant désormais dépassé l'âge limite, il ne peut y retourner.

« Une vie très ritualisée »
« Il n'a pas pu être intégré en Ulis [unité localisée pour l'inclusion scolaire – l'équivalent d'une Clis au collège] car hypocritement on lui demande d'avoir un “niveau”, ce que l'on ne vérifie d'ailleurs pas chez les autres enfants », explique Christine Pigeon. La famille s'est donc vue proposer une place en institut médico-éducatif, le plus proche étant à plus de 60 km de son domicile. « Le problème, c'est que nous ne souhaitons pas qu'il aille en Internat. Lucas a une vie très ritualisée, comme le soir avant de se coucher. A telle heure, faut qu'il fasse ça et s'il ne peut pas, ça peut très vite devenir compliqué. Nous sommes confrontés à l'absence de structures sans internat pour prendre en charge ce type d'autisme. » Les parents du jeune garçon ont donc sollicité une aide financière auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). « On a fait une demande de prestation de compensation du handicap – destinée à financer les besoins de la personne handicapée – pour embaucher une équipe complète qui s'occupe déjà de lui : psychologue, orthophoniste, psychomotricien, éducateur spécialisé. Il nous faut pour cela 1 600 € par mois. La MDPH a pour l'instant refusé notre demande et nous propose une allocation de 654 €, soit l'équivalent d'une prise en charge de seulement 3 h 55 par semaine ». Désormais, la jeune maman envisage de créer une structure privée à domicile, prenant en compte les spécificités de son enfant. Elle cherche actuellement des fonds privés et d'autres familles dans le même cas.

Chiffres

Dans l'académie de Lyon, près de 11 620 élèves handicapés étaient scolarisés dans un établissement ordinaire en 2011-2012 et 5 020, dans un établissement sanitaire. 30 % étaient en scolarisés en Clis ou en Ulis. A la rentrée, 16 nouvelles Ulis ont été créées dans l'académie.

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