La pendule remise à l'heure

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Publié le 2 juillet 2012.

Patrimoine La municipalité va enfin acquérir l'horloge aux Guignols

Le dénouement est proche. Dans quelques heures, les élus réunis en conseil municipal devraient valider l'acquisition de l'horloge aux Guignols par la ville de Lyon pour 100 000 €, marquant ainsi l'épilogue d'un feuilleton de près de dix ans. Car la pendule, à l'instar du Patineur de la place Tolozan, a elle aussi défrayé la chronique, et a bien failli partir loin de Lyon.

Obligation de remise en l'état
Le bras de fer entre la municipalité et le bijoutier Fortune, se disputant tous deux la propriété de l'objet, a véritablement débuté en 2005. A l'époque, Fortune qui possède les murs du bâtiment contre lequel est adossée l'horloge, annonce que la pendule sera vendue aux enchères, provoquant ainsi une véritable levée de boucliers. Quelques mois plus tard la mairie contre-attaque en prenant un arrêté stipulant que l'objet fait partie du domaine public. Réaction immédiate du bijoutier : l'espace d'une nuit, il démonte discrètement le mécanisme de l'horloge, la rendant muette du jour au lendemain. Puis en 2008, le tribunal de grande instance estime que l'horloge appartient bien à la société Fortune et qu'elle peut donc en disposer à loisir. La bataille judiciaire va ainsi se poursuivre jusqu'en 2011 avant que les deux parties ne trouvent un accord à 100 000 € (contre 150 000 à 200 000 au départ). Une somme qui fait grincer quelques dents. « Cette horloge est la quintessence des marionnettes libres et insolentes. C'est l'histoire de toute une période et la ville ne pouvait la voir partir, argumente Georges Képénékian, adjoint à la culture. Même si cette somme paraît élevée, elle est importante pour la paix des ménages ». Denis Broliquier, maire divers droite du 2e arrondissement a depuis longtemps fait part de son désaccord. « C'est surtout contre la mauvaise gestion du dossier que je m'insurge. A cause de l'attitude péremptoire de certains élus pensant que tout appartient à la ville, la municipalité s'est engagée dans des années de procédure. Combien cela va-t-il coûter au final ? Au moins le double. Car on va devoir rajouter dans la facture des frais d'avocats qui auraient pu être évités ». La société Fortune se voit désormais obligée de remettre la pendule en l'état. D'ici quelques semaines, Guignol pourra à nouveau frapper les cloches le midi, invitant les Lyonnais à aller au troquet.

Caroline Girardon
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