L'école Montbrillant fermera ses portes à la fin de la semaine pour les vacances scolaires.
L'école Montbrillant fermera ses portes à la fin de la semaine pour les vacances scolaires.

Elisa Frisullo

Jeudi soir, après cinq semaines de répit, les deux familles hébergées à l'école Montbrillant (3e) risquent de se retrouver de nouveau à la rue. Ce jour-là, l'école fermera ses portes pour l'été, rendant improbable le maintien de ces deux mères seules et de leurs quatre enfants, originaires de Roumanie et du Kosovo, dans l'établissement. « On ne laissera pas ces familles dans une école fermée », a déclaré vendredi le préfet du Rhône Jean-François Carenco, interrogé sur la mobilisation de parents d'élèves dans le 1er, le 2e et le 3e. Depuis près d'un mois, des dizaines de familles se sont regroupées en collectif pour soutenir des enfants scolarisés et sans domicile.

Aucune solution en vue
« Je comprends qui y ait une charité individuelle, c'est légitime. Mais ces familles sont en situation irrégulière, viennent d'un pays sûr, a ajouté le préfet au sujet des familles de Montbrillant. C'est l'honneur de la France de les scolariser et de les soigner. Mais le droit au logement inconditionnel n'existe pas ». Des déclarations jugées peu rassurantes par le collectif, « atterré de l'absence de soutien et de réactions des pouvoirs publics ». D'autant plus que selon les parents, la famille arrivée de Roumanie en 2010 possède un titre de séjour. Et que la seconde a été déboutée du droit d'asile mais a déposé une nouvelle demande. « Lorsque nous avons décidé d'occuper l'école pour mettre ces enfants à l'abri, nous pensions que ce serait temporaire », déplore Anne, une mère d'élève. Mais la situation s'est éternisée et la fin d'année scolaire fait planer de sérieuses ombres sur l'avenir proche de ces deux mères, accueillies chaque soir dans la salle parents-profs de l'école. « C'est sûr que qu'elles ne peuvent pas rester ici cet été. Mais si aucune solution n'est trouvée par l'Etat, je ne sais pas comment on va s'organiser. Elles ne peuvent pas retourner à la rue », ajoute la mère de famille, consciente que les prochains jours seront décisifs.