Les cinémas d'art et d'essai risquent de voir leur fréquentation diminuer l'an prochain.
Les cinémas d'art et d'essai risquent de voir leur fréquentation diminuer l'an prochain. - C. VILLEMAIN / 20 minutes

Caroline Girardon

La nouvelle est tombée comme un couperet. Le Conseil général du Rhône retire sa participation financière pour les festivals de cinéma et renonce à l'opération « Collège au cinéma ». Conséquence de cette décision : bon nombre de petites salles obscures du département vont devoir se serrer la ceinture pour boucler la fin de l'année, et embrayer sur 2013. « Pour certains d'entre nous, les scolaires peuvent représenter jusqu'à 20 % de la fréquentation. Déjà que le niveau des entrées de 2012 est catastrophique, ça ne va pas arranger nos affaires », estime Juliette Boutin, coordinatrice du Grac (Groupement régional d'actions cinématographiques, recensant 39 cinémas dans le Rhône).

Une perte de recettes

« non négligeable »
« Jusque-là, le conseil général prenait en charge l'intégralité des places pour les collégiens. Ça risque d'engendrer une perte non négligeable au niveau des recettes. Ça sera la moitié des scolaires en moins », prédit Sandrine Dias, directrice du Zola à Villeurbanne. Les retraits des subventions accordées aux festivals sont également largement contestés par les dirigeants des salles art et essai. « Deux des trois événements que nous organisons chaque année, sont directement concernés, explique Sandrine Dias. Prenons l'exemple des Reflets du cinéma ibérique dont le montant des subventions accordées s'élève à 11 500 €. La part du département représente 60 % ». Prévenues il y a seulement quelques jours de ce changement, les petites salles ne décolèrent pas. « On se bat contre vents et marées pour maintenir nos structures à flot. Et là c'est un nouveau coup dur. » « Avec les multiplexes qui étouffent le marché, on va vers un gros affaiblissement de nos structures », regrette Juliette Boutin. Le département a indiqué vouloir « se recentrer sur les charges obligatoires » qu'il doit assumer. Toutes les subventions aux festivals de musique, littératures et cinéma qui ne sont « pas des projets spécifiquement haut niveau » sont donc annulées.