« Ces enfants sont des boucs émissaires »

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Publié le 27 juin 2012.

social Les associations d'aide aux étudiants sans-papiers multiplient les actions de soutien

«J'ai tout le temps peur que la police vienne me chercher ». En situation irrégulière, Slaheddine, qui est venu rejoindre son frère à Lyon en 2007, est aujourd'hui constamment sur ses gardes. Cet étudiant de 21 ans, natif de Tunisie, a vu ses demandes de régularisation rejetées à deux reprises depuis sa majorité. Et a reçu une obligation de quitter le territoire avant juillet 2011. Son cas est loin d'être isolé. Mardi en fin d'après-midi, le réseau universités sans frontière et le collectif des étudiants étrangers de Lyon se sont rassemblés devant la Préfecture pour déposer collectivement une dizaine de demandes de régularisation. « Je ne comprends pas les raisons de ce refus. Mon frère a ses papiers depuis longtemps », explique Slaheddine espérant beaucoup du nouveau gouvernement. Titulaire d'un double CAP de maçonnerie et de constructeur en ouvrage d'art, l'étudiant parfaitement intégré à déjà reçu une promesse d'embauche de la part d'une entreprise basée à Vaulx-en-Velin.

Manifestation ce mercredi
La situation de Rajae est légèrement différente. La jeune femme de 24 ans est arrivée dans le Rhône, il y a 9 ans, emmenée contre son gré par son père. Vivant en France depuis 1970 – l'homme est tombé gravement malade et avait besoin d'aide au quotidien. Elle est restée deux ans avec lui dans un foyer Sonacotra avant d'être prise en charge par les services sociaux. Puis, à la suite d'un contrôle d'identité dans le métro, s'est retrouvée enfermée dans un centre de rétention à Nîmes. Aujourd'hui la jeune femme, qui a « soif d'apprendre », a abandonné son BEP Métiers de l'hygiène et de la propreté pour suivre des cours à la fac et rêverait de devenir assistante sociale. « Je connais plus la France que le Maroc. Aujourd'hui ma vie je ne la vois pas ailleurs ». A son tour, le collectif réseau éducation sans frontière prévoit de manifester ce mercredi à 17 h pour interpeller la Préfecture. « Ces enfants sont des boucs émissaires dont on se sert pour rassurer les gens sur des problèmes de sécurité », avance Jean Riot Sarcey. « Ils font les frais d'une certaine xénophobie. »

Caroline Girardon
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