Alexandre Gabriac attendait un millier de participants à la manifestation prévue samedi.
Alexandre Gabriac attendait un millier de participants à la manifestation prévue samedi.

Elisa Frisullo

Le climat pourrait être orageux samedi à Lyon. Pour éviter tout « trouble grave à l'ordre public », le préfet du Rhône a interdit jeudi la manifestation et le rassemblement prévus au même moment par les Jeunesses nationalistes (groupuscule d'extrême droite) et le Collectif de vigilance contre le racisme. Mais il n'est pourtant pas exclu que des rassemblements spontanés s'organisent, l'appel à la « révolte des souchiens » contre « le racisme anti-blanc » circulant depuis des semaines sur les réseaux sociaux. « Nous attendions un millier de participants de toute la France, a indiqué jeudi le leader des Jeunesses nationalistes, Alexandre Gabriac. Cela risque d'être difficile à endiguer. »

Surveillance policière
Surtout que ce conseiller régional, exclu l'an passé du FN pour un salut nazi, a saisi la justice pour obtenir l'annulation de l'interdiction de manifester. Et tant que le tribunal administratif de Lyon n'aura pas statué, le défilé est donc maintenu, ajoutent les organisateurs qui prédisent des actes de violence isolés. « Une colère gronde au sein de notre jeunesse. Elle ne supporte plus que nous soyons traités comme des étrangers dans notre pays, explique le président de l'Œuvre française, Yvan Benedetti, convaincu que l'interdiction de défiler émane du gouvernement. S'ils ne veulent pas l'entendre de manière pacifique dans une manifestation contrôlée, il est évident que cette colère risque de s'exprimer autrement par des actes individuels contre des personnes ou des lieux. »
La préfecture du Rhône qui initialement avait prévu de mobiliser de nombreux cars de CRS pour encadrer les deux cortèges, maintiendra un important dispositif de sécurité « pour assurer le calme en centre-ville samedi ». Le collectif de vigilance contre l'extrême droite, qui prévoyait de se rassembler place Guichard à 15 h samedi en réaction à la manifestation d'extrême droite n'était pas joignable jeudi.