Chériff Goussi était jugé depuis lundi aux assises du Rhône.
Chériff Goussi était jugé depuis lundi aux assises du Rhône. - C. Villemain / 20 minutes

Elisa Frisullo

Avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, mercredi, Chériff Goussi a demandé « pardon ». « Tout ce que je pourrais faire ou dire ne changerait rien. Ce que j'ai fait est horrible », a déclaré dans un murmure cet homme de 27 ans, jugé depuis lundi devant la cour d'assises pour « meurtre aggravé et viol ».

Une peine « nécessaire »
Mais ses regrets, ses excuses ne lui auront pas évité la réclusion à perpétuité assortie d'une période de sûreté de vingt ans. Un verdict à peine plus clément que les réquisitions de l'avocate générale, qui après avoir rappelé le « calvaire » vécue par Sylviane B le 18 septembre 2010, avait demandé une peine de sûreté de ving-deux ans. Ce matin-là, cette mère de famille de 56 ans avait été « massacrée » à coups de poing et d'extincteur, puis violée alors qu'elle agonisait dans un parking de la rue Bossuet (6e). « C'est un dossier insoutenable, tant il est rare de voir autant d'ignominie », a indiqué la magistrate, estimant nécessaire la période de sûreté de vingt-deux ans « compte tenu de la dangerosité de Chériff Goussi ». Un garçon intelligent, mais possédant selon les experts psychiatres « la maturité affective d'un enfant de 4 ans » s'accompagnant « d'une volonté d'emprise très forte sur autrui ». « Quand je veux quelque chose, il faut me le donner. Si on ne me le donne pas, je tape jusqu'à ce que je l'aie », a déclaré lors de sa plaidoirie l'un des avocats de la famille, Me Frédéric Gosme, en référence à « l'acharnement » de violence dont a fait preuve Chériff, animé ce matin-là par la volonté de voler à tout prix le coupé flambant neuf de la victime.
Pour sa défense, ses avocats avaient réclamé « une condamnation juste ». « Quand on est laxiste, on n'est pas juste, quand on est sévère, on ne l'est pas non plus », Me Roskana Naserzadeh, rappelant le caractère exceptionnel de la peine requise. Une peine maximale dont ont notamment écopé Patrice Alègre et Emile Louis pour des meurtres en série.