Les basketteurs de l'Asvel continueront de jouer à l'Astroballe ces prochaines années.
Les basketteurs de l'Asvel continueront de jouer à l'Astroballe ces prochaines années.

Caroline Girardon

Cette fois, c'est une certitude, il n'y aura pas de salle multifonction à Villeurbanne. Et l'Asvel, qui rêvait de jouer devant 13 500 personnes, est contrainte de revoir ses ambitions à la baisse. Gilles Moretton, le président du club de basket, a sonné le glas du projet Arena mardi en indiquant qu'il était « définitivement abandonné ». A l'origine de ce fiasco, des soucis financiers et des problèmes techniques. L'acquisition du terrain de l'ancienne usine ABB sur lequel les dirigeants ambitionnaient de construire la salle, est rapidement devenue un obstacle infranchissable. Les 4/5es du terrain appartiennent la communauté mais 1/5e appartient à une société privée qui s'est montrée très gourmande. Et intraitable.

« Prix astronomique »
« Elle nous proposait un prix tellement astronomique que c'est devenu inenvisageable, explique Roland Tchenio, président de la SPSM (société du projet de salle multifonction). Dès lors qu'on souhaite construire une salle à 30 millions d'euros, on ne peut pas accepter de payer plus de 20 millions pour le foncier ». En septembre, l'Asvel avait pourtant déjà rétréci son projet initial qui s'élevait à 130 millions d'euros. « Je crois qu'ils n'ont plus les reins assez solides, ni les capacités économiques pour diriger un tel projet, déclare Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne. Le club est dans une telle situation sur le plan sportif qu'il lui faut regagner avant tout une crédibilité. La préoccupation de construire une nouvelle salle ne s'imposait plus car ils savaient bien qu'ils ne pouvaient pas courir deux lièvres à la fois. » Loin d'abdiquer, Gilles Moretton, conscient « qu'un club sans infrastructure est voué à disparaître », a toutefois promis que l'Asvel aurait « une grande salle de plus de 10 000 places dans l'agglomération dans les cinq ans ». « La priorité est désormais de se recentrer sur le recrutement pour que l'Asvel reprenne la place qui devrait être la sienne. » L'Astroballe a donc encore de beaux jours devant elle.