Michel Havard s'était présenté comme le chef de la droite à Lyon, en vue des municipales.
Michel Havard s'était présenté comme le chef de la droite à Lyon, en vue des municipales.

Caroline Girardon

En juin 2002, la gauche lyonnaise mordait une énième fois la poussière, ne parvenant toujours pas à décrocher sa première circonscription entre Rhône et Saône. Aucun des quatre candidats de l'époque n'avait pu dépasser la barre des 45 %. Dix ans plus tard, renversement total de situation. Au lendemain des élections législatives, les socialistes et les radicaux de gauche comptent désormais dans leur escarcelle trois circonscriptions. Et Gérard Collomb, qui assoit d'années en années son assise politique, se voit offrir un boulevard en vue des municipales de 2014. « Les routes ne sont jamais aisées, lâchait le maire de Lyon dimanche soir. Et rien n'est acquis. »

L'UMP sans patron
« Les élections municipales dépassent largement le clivage gauche-droite, explique Pierre-Alain Muet, député PS. Elles vont se baser sur les réalisations entreprises par Gérard Collomb. Et on voit une très forte adhésion des Lyonnais à ce sujet. Je ne me fais donc aucun souci pour lui. » Défaite, la droite va devoir se chercher un leader. Et trouver un patron qui puisse avoir suffisamment de charisme pour convaincre les électeurs du bien fondé de son projet. Michel Havard, qui n'a jamais caché ses ambitions pour les municipales, apparaissait comme l'un de ses meilleurs espoirs. Mais le fait d'avoir perdu son siège de député dimanche pourrait lui compliquer la tâche. « Je reste bien sûr au service des Lyonnais », déclare-t-il. « La question du leadership ne se pose pas aujourd'hui, poursuit Emmanuel Hamelin. Il faut d'abord songer à se rassembler car les électeurs ne comprendraient pas qu'il y ait des divisions au sein de notre famille. » Denis Broliquier, leader de Divers Droite, ne l'entend pas ainsi. « L'échec de la droite à Lyon est l'échec d'une méthode inspirée par l'UMP qui ne reconnaît pas la droite dans toute sa diversité. » Mais pour l'élu, le combat n'est pas perdu d'avance. « Gérard Collomb rencontre au sein même de sa majorité quelques oppositions. Rien n'est fait ».
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