Le père de Sevil a dénoncé dimanche cette arrestation injuste.
Le père de Sevil a dénoncé dimanche cette arrestation injuste.

Elisa Frisullo

Le visage de Sevil flotte sur la banderole placée en tête de cortège et les t-shirts portés par sa famille, ses amis. Près de 200 personnes ont défilé dimanche après-midi entre les places Jean-Macé (7e) et Bellecour (2e) pour réclamer la libération de cette jeune étudiante franco-turque de Lyon-II, partie pour une année Erasmus à Eskisehir et détenue depuis le 9 mai en Turquie. Une arrestation arbitraire et injuste selon ses proches, réunis depuis au sein d'un comité de soutien.

Douze ans de prison encourus
« Sevil a été arrêtée par la police antiterroriste dans le cadre d'une vague de répression au cours de laquelle 700 autres étudiants ont été interpellés en Turquie », explique son amie Sinem. Selon les informations qui filtrent jusqu'à sa famille, l'étudiante de 20 ans serait soupçonnée d'appartenir à une organisation terroriste. Des faits pour lequel elle encourt, selon sa famille, jusqu'à 12 ans de prison. « Elle a seulement participé à la manifestation du 1er Mai, à des pique-niques étudiants et affiché dans la cantine de son université une pancarte réclamant « une éducation gratuite en Turquie », explique son père. « Tous les faits qu'on lui reproche sont autorisés », insiste Sinem, qui décrit son amie comme une étudiante « aux idées de gauche, non militante ». « Il faut qu'elle soit libérée, c'est tout ce qu'on demande, réclame Sevim, sa mère, qui voit Sevil une fois par semaine à travers la vitre d'un parloir. Elle va bien, même si, moralement, c'est dur pour elle car elle n'a rien fait de mal ».
Vendredi, le président de Lyon-II, Jean-Luc Mayaud, a également appelé à la « libération immédiate » de Sevil Sevimli, « une étudiante exemplaire (...)incarcérée sous un chef d'inculpation gravissime qu'absolument rien ne vient étayer ». Le Quai d'Orsay, en contact avec cette famille originaire d'Adana, en Turquie, aujourd'hui installée à Gleizé, aurait prévu de faire intervenir auprès des autorités turques l'ambassadeur de France à Ankara.