Les électeurs de la 1ère circonscription avaient le choix entre deux candidats portant l'étiquette socialiste.
Les électeurs de la 1ère circonscription avaient le choix entre deux candidats portant l'étiquette socialiste.

Anne Dory

«C'est sûr que ce n'est pas la foule, mais ça n'arrête pas». C'est dans une ambiance tranquille que les électeurs ont déposé dimanche leur bulletin dans l'urne du bureau de vote 530 installé dans l'école Gerson (5e) dans la 1ère circonscription du Rhône.

«En nombre de votants, on est entre les régionales et les présidentielles», confiait un membre du bureau de vote en milieu d'après midi, rien de surprenant en terme de participation pour des élections législatives. Mais si la campagne à couteaux tirés qui s'est jouée entre Philippe Meirieu et Thierry Braillard ne semble pas avoir eu trop d'impact sur le nombre de votants, elle en a certainement eu un sur le vote.

«Une majorité forte à l'assemblée»

A la sortie des urnes, les électeurs de droite au mieux s'amusent des divisions de la gauche. Mais pour les sympathisants de gauche, c'est une autre histoire. Eric a 33 ans, il a toujours voté à gauche, et cette fois il a choisi Philippe Meirieu, le candidat EELV officiellement soutenu par le Parti Socialiste. «Je trouve que Braillard a vraiment fait un sale coup en se présentant face à lui», explique le jeune homme. Il n'a pas apprécié le ton du candidat soutenu par Gérard Collomb, ni l'attitude de ses militants qui ont chahuté Cécile Duflot et Benoît Hamon vendredi, alors que les deux ministres étaient venus à Lyon pour soutenir Philippe Meirieu.

Le courrier du maire de Lyon incitant les électeurs de la 1ère circonscription à voter pour Thierry Braillard a également déplu à Eric. «Cette élection est déjà une manière pour les électeurs de gauche de se positionner pour les municipales», assure le trentenaire en référence à la lutte à distance entre Nathalie Perrin Gilbert, maire du 1er et suppléante de Philippe Meirieu, et Gérard Collomb.

Pour Jérôme et Christel, venus voter en famille, l'enjeu local importe peu. «S'il doit y avoir une majorité forte à l'Assemblée, autant que ce soit pour le PS et sans les Verts», explique Jérôme. Le jeune couple regrette que des décisions pour les élections législatives aient été prises avant le résultat de la présidentielle. «Cette élection est une façon de remettre en cause l'accord conclu pendant la campagne présidentielle entre les socialistes et les écologistes», précise Christel, qui a donné sa voix à Braillard. A 22 h 15 dimanche, Michel Havard était crédité de 31% des voix, Thierry Braillard de 27% et Philippe Meyzieu de 18.