A l'école Beth Menahem, où les victimes ont été scolarisées, l'inquiétude des parents était vive.
A l'école Beth Menahem, où les victimes ont été scolarisées, l'inquiétude des parents était vive. - C. villemain / 20 minutes

« Jusqu'à présent, je n'étais pas inquiète quand il sortait. Maintenant, je vais l'être. » Comme cette mère, dont le fils de 19 ans fait partie des trois étudiants passés à tabac samedi soir, la majorité des familles croisées lundi matin à entrée de l'école juive Beth Menahem, près de laquelle a eu lieu l'agression, était perturbée. Presque résignée. « On n'est plus à l'abri de rien. Notre communauté est visée en permanence. Ce n'est pas évident de vivre avec ça, surtout quand on est parent », confie un père de famille. L'émotion est d'autant plus grande que les trois victimes ont grandi dans ce quartier résidentiel et ont fait toute leur scolarité dans ce groupe scolaire, qui accueille les enfants de la crèche à la terminale.
« J'ai appris ce qu'il s'était passé samedi soir, car je suis ami avec les parents des trois garçons, indique l'un des responsables de l'école. Ils sont très choqués. Les insultes pour les gens de notre communauté qui, comme eux, portent la kippa, c'est tous les jours. Mais des actes comme ceux-là, d'une telle violence, ça prouve que l'insécurité est partout, ajoute ce cinquantenaire pour lequel le caractère antisémite de l'agression ne fait aucun doute. Sauf si frapper quelqu'un qui porte une kippa en criant sale juif n'est plus un acte antisémite », s'agace-t-il. « C'est écœurant ce qui s'est passé. Ce sont toujours les mêmes personnes et les mêmes lieux qui sont visés », ajoute cette mère, stationnée en double file devant le portail le temps que ses enfants entrent dans l'école. Un dispositif de sécurité mis en place par les responsables de l'établissement depuis l'attentat à la voiture piégée perpétrée contre une école juive voisine en 1995. « Mais les abords devraient être mieux sécurisés. Qu'est ce qu'il va devoir se passer avant que l'école ne soit vraiment protégée ? », s'interroge un père, qui aimerait voir les entrées et sorties de classes surveiller par la police. Lundi, une patrouille est restée un moment postée devant le groupe scolaire, avant de repartir peu avant 8 h.