La plupart des boutiques ouvriront rue Romarin (ci-contre).
La plupart des boutiques ouvriront rue Romarin (ci-contre).

Caroline Girardon

Un quartier qui s'éteint à petit feu. Depuis plusieurs années, le bas des pentes du 1er arrondissement a vu ses commerçants fuir les uns après les autres, ne laissant sur place que les épiciers de quartier ouverts à toute heure. « Les activités nocturnes ont fini par prendre le pas sur les activités diurnes. Et à cause des nuisances, les commerçants sont partis », constate Marie-Odile Fondeur, adjointe en charge du commerce et de l'artisanat. Afin de stopper l'hémorragie, et surtout de redynamiser le secteur, la mairie de Lyon a donc financé la réhabilitation de vingt-six façades, a engagé une opération de nettoyage de tags, et acquis onze locaux désertés dans lesquels s'implanteront à l'automne prochain des boutiques tendance « bobo-écolo ». On y trouvera notamment un caviste bio, un atelier de réparation de vélos qui fera également office de salon de thé et une boutique de mode vintage.

Un changement attendu
« Si on veut qu'un quartier vive, il faut lui donner du mouvement, donc des commerçants et des artisans », explique Alain Audouard, président de la chambre des métiers du Rhône. « On a risqué la paupérisation de certaines rues, ajoute David Kimefeld, conseiller municipal. Il y a parfois une dynamique globale qui permet de relancer naturellement certains quartiers. Mais là, elle n'y était pas, notamment en raison de problèmes d'éclairage et de propreté ». « Il fallait donner une impulsion, poursuit Marie-Odile Fondeur. On espère que cette dynamique attirera ensuite d'autres enseignes. » Ce changement annoncé n'est pas pour déplaire à Karim, gérant d'un bureau de tabac. « Ça serait un plus pour nous, car ici, c'est trop populaire. Je n'aimerais pas être un touriste et avoir à remonter les pentes. Ça ne donne pas une belle image du centre-ville », explique-t-il. Et d'ajouter : « L'idéal serait d'avoir des rues propres entièrement piétonnes avec des petits bancs le long. » A deux pas, Romain, gérant d'un magasin de vêtements lâche sans détour qu'il déteste le quartier et veut en partir. « C'est glauque, sale et mal éclairé. Et ça fait dix ans que j'attends un changement. »