Eliott travaille au quotidien avec les personnes âgées de l'hôpital.
Eliott travaille au quotidien avec les personnes âgées de l'hôpital. - C. VILLEMAIN / 20 minutes

Caroline Girardon

En l'espace de quelques semaines, il est devenu la mascotte de tous les patients de l'hôpital gériatrique des Charpennes à Villeurbanne. Eliott, labrador de couleur charbon, âgé de 3 ans, y « travaille à temps complet » depuis le mois de septembre. Éduqué à école des chiens guides d'aveugle, le toutou affectueux était initialement destiné à accompagner les personnes malvoyantes dans leur quotidien... jusqu'à ce que les éducateurs s'aperçoivent de sa peur des camions. Réformé, le chien a ensuite intégré l'hôpital des Charpennes.

Apaiser et rassurer les patients
« Avant, on faisait ponctuellement appel à des chiens extérieurs appartenant à des associations, explique le professeur Pierre Krolak-Salmon, gériatre et neurologue. Là c'est différent. Eliott est présent tout le temps ». Le cabot intervient auprès des personnes victimes d'AVC et participe à leur travail de rééducation. Il est également sollicité pour tenir compagnie aux patients en soins longue durée, souvent en fin de vie, et ceux atteints de la maladie d'Alzheimer. « Eliott les apaise et les rassure, souligne Claude Palazzo, animatrice. Certaines personnes ne se rappellent plus de notre nom. Mais celui du chien, oui. Parfois, elles ne parlent pas de la journée. Mais à l'heure du repas, elles se mettent à discuter avec lui ». « Il a un sens du rapport social incroyable », sourit Pierre Krolak-Salmon. « Lorsqu'il est avec des personnes hémiplégiques, il va spontanément du côté paralysé et leur lèche la main, poursuit Isabelle Muscetti, ergothérapeute. Une fois, on a même vu un monsieur de 92 ans qui ne marchait plus depuis très longtemps, se lever et se pencher pour le caresser. Ça faisait des semaines qu'on essayait de le faire se pencher en avant, sans succès ». Dans la salle de rééducation, Andrée, qui réapprend à marcher après un AVC, ne tarit pas d'éloge sur son compagnon à quatre pattes. « Il m'a redonné confiance. Avant, je regardais toujours par terre pour marcher. Là, je le suis des yeux, je me repère et je progresse ».

Une étude clinique en cours

Beaucoup plus développée dans les maisons de retraite, la zoothérapie fait désormais son entrée à hôpital. L'objectif du professeur Krolak-Salmon pour le début 2013 est de démontrer les bénéfices de la thérapie au moyen d'une étude clinique sur deux groupes de patients. L'un sera exposé au chien et l'autre non.