Avant sa mort, Sonia avait demandé à sa famille d'engager des poursuites « si jamais il lui arrivait quelque chose ». Effondrés, les proches de cette jeune femme, décédée à Lyon le 11 mars à l'âge de 32 ans, après avoir été exposée à des rayons X sur une zone dix fois plus grande que prévue, ont tenu promesse. Son père, son mari, son oncle et ses tantes ont annoncé hier, qu'ils allaient porter plainte dans les prochains jours contre les Hospices civils de Lyon (HCL) pour « homicide involontaire par imprudence ». Parallèlement, une requête sera déposée auprès du tribunal administratif de Lyon pour une demande d'indemnisation.
La famille conteste en grande partie les informations divulguées par les HCL le 21 avril sur cette erreur de manipulation survenue en novembre 2004 au service de radiothérapie du centre hospitalier Lyon-Sud (CHLS). Selon la direction, la patiente et sa famille avaient été rapidement informées de l'accident. Un suivi aurait été proposé même si Sonia ne semblait pas développer de graves symptômes les mois suivants... Et pourtant, le père de cette secrétaire médicale raconte une autre version. « Elle a commencé à perdre ses cheveux et à cracher du sang dix jours après la séance de radiothérapie. » En octobre 2005, Sonia, mère de deux enfants en bas âge, ne peut quasiment plus s'alimenter ni boire. Elle a perdu près de 20 kg et demande à revoir un médecin du CHLS car « elle se sent très mal ». « Ils lui ont annoncé l'erreur sans expliquer les conséquences que cela pouvait avoir. Aucune prise en charge n'a été proposée. Jusqu'à la fin, on croyait qu'elle allait guérir... », explique son père « déterminé à aller jusqu'au bout ». « Aucune sanction n'a été prise à la suite de cet incident. Une responsabilité doit être établie », souligne le médiatique Dr Dominique Courtois, président de l'Association d'aide aux victimes d'erreurs médicales, contacté par la famille pour l'aider dans ses démarches. « La famille a besoin de savoir ce qui s'est passé. Elle ne peut pas se contenter d'un aveu », note Jean-Christophe Courbis, avocat de l'association.
Carole Bianchi