les roms font église comble à gerland

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Publié le 21 novembre 2011.

société Les familles hébergées à la paroisse Saint-Antoine ont organisé un concert hier

Aramis joue en temps normal dans le métro lyonnais. Mais hier après-midi, c'est dans l'église Saint-Antoine de Gerland (7e) que ce jeune de 23 ans entouré d'une trentaine d'autres roms a chanté, dansé et fait résonner son accordéon devant plus de 800 spectateurs, visiblement emballés. « Jamais les messes n'attirent autant de monde. Je prie pour, mais je n'ai encore jamais réussi », ironisait hier le curé de la paroisse Matthieu Thouvenot, qui a ouvert les sous-sols de l'église aux familles roms depuis le 21 septembre « pour les protéger du froid ». Une initiative qui lui a valu le soutien de nombreux fidèles, et les critiques de quelques autres, gênés par le surplus d'ordures ménagères générées par les roms aux abords du lieu de culte. « Certains pensent aussi que l'église n'est pas un lieu pour dormir. Mais la rue non plus », rétorque Matthieu Thouvenot, qui a donc incité les roms à se produire dans l'église, pour donner d'eux une image plus valorisante que celle habituellement véhiculée. Après quelques hésitations, Aramis, Larissa, Florin et les autres ont accepté le défi et se sont entraînés pendant des jours, allant jusqu'à confectionner eux-mêmes leur costumes pour « montrer le meilleur d'eux-mêmes ».

Une volonté d'intégration
« Depuis que nous sommes là, le regard des voisins de l'église a changé. Nous nous sommes fait des amis, indique Aramis, originaire comme toutes les familles accueillies ici de Craiova en Roumanie. Ce concert est aussi l'occasion de leur prouver qu'on veut juste s'intégrer, avoir une vie normale en France ». Un message qui a semble-t-il été entendu hier dans les allées de l'église, bondée de familles et retraités, fidèles et non-chrétiens. « Nos paroisses ont tendance à se replier sur elles-mêmes, souligne Jacqueline, une habitante de Condrieu, venu avec son mari assister au spectacle tsigane. Mais si l'église ne vient pas en aide à ces populations qui le fera ? ». Michelle est venue avec sa petite fille pour lui faire découvrir l'univers tsigane. « On associe les roms à la manche, aux squats. Je veux qu'elle voit que finalement ce sont des gens comme nous, avec une culture très riche ».

Elisa Frisullo
des familles à l'abri des expulsions

Au départ, quelques familles vivaient dans les sous-sols de l'église. Mais très vite, le message a circulé parmi les roms. « Je suis obligé de refuser du monde chaque jour », indique le curé qui héberge aujourd'hui 60 personnes. Au-delà de l'aide matérielle, ces familles bénéficient d'une véritable protection, la préfecture s'étant engagée à ne pas les expulser.

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