Le procès doit se tenir devant les assises jusqu'à mercredi.
Le procès doit se tenir devant les assises jusqu'à mercredi. - F. giraud / 20 minutes

Caroline Girardon

Ils ne se sont pas revus depuis deux ans, depuis ce 24 septembre 2009 où leur vie a basculé. Norbert Mas va devoir affronter le regard de Carole, son ex-épouse. L'homme âgé de 46 ans comparaît dès aujourd'hui devant la cour d'assises du Rhône, pour avoir tué leur fille Natacha, autiste et lourdement handicapée. Après avoir fait avaler des médicaments à l'enfant, il l'a ensuite étouffée puis s'est tailladé les poignets.

« Rongé par la culpabilité »
A son réveil, l'homme dépressif depuis des années, a expliqué qu'il ne supportait plus le départ de sa compagne, s'occupant elle-même beaucoup de la petite fille depuis son divorce. « Il n'a jamais accepté le handicap de sa fille, raconte Morgane Gibert, l'avocate de l'accusé. Il explique son geste en disant qu'il voyait de la souffrance dans les yeux de sa fille ». L'enfant âgée de 9 ans ne parlait pas, avait beaucoup de mal à se mouvoir et dormait peu.
« Cet homme est rongé par la culpabilité, il n'accepte pas d'être encore en vie alors que son enfant est mort, il n'a qu'une envie : la rejoindre », poursuit Me Gibert. Robert Mas, d'une personnalité fragile, a multiplié les tentatives de suicide en prison, et se retrouve actuellement incarcéré à l'unité hospitalière spécialement aménagée du Vinatier. « Je ne veux pas qu'il se défile mais qu'il assume pleinement ses responsabilités », déclare Virginie Camarata qui représente la grand-mère de l'enfant.
Lors de son audition, l'accusé avait insinué à plusieurs reprises que son ancienne épouse maltraitait leur enfant. « Natacha était une fillette au comportement violent, elle pouvait être dangereuse, y compris pour elle-même. Ce n'était pas facile de s'en occuper. Même si ma cliente a parfois craqué, elle ne l'a jamais maltraité, dément Isabelle Damiano, avocate de la mère. Elle aurait tant aimé que son ancien mari discute avec elle de ses angoisses, plutôt que de commettre l'irréparable ».
Le verdict est attendu mercredi.