Un vin anti-Sarkozy dans le beaujolais

Info 20 minutes Un jeune vigneron de Bully prépare une cuvée baptisée « fucks@rkozy.com »

Frédéric Crouzet

— 

L'étiquette a été conçue par le dessinateur Luz.

L'étiquette a été conçue par le dessinateur Luz. — C. Villemain / 20 Minutes

Au domaine de l'Astrolabe, à Bully, dans le beaujolais, la première fermentation des raisins vient de s'achever. « Ça va être un vin magnifique, une de mes meilleures cuvées », se régale déjà Pierre Pitiot, vigneron à la tête d'une petite exploitation de 1,5 ha. Et son vin risque de faire couler de l'encre.
Car ce jeune viticulteur de 34 ans a décidé avec quelques amis de faire de ses bouteilles des objets militants. Cette cuvée de gamay, élaborée de façon naturelle, a été baptisée « fucks@rkozy.com ».

« Une boutade »
Pierre Pitiot, qui se définit comme un « militant du quotidien », adepte du bio et des circuits courts, considère qu'il « était de son devoir de citoyen de réagir à l'absurdité de ce président et de faire réagir les autres ». Il a fait appel à Luz, dessinateur à Charlie Hebdo, pour la conception de l'étiquette : un homme, écrasé par un tonneau. Au départ, cette cuvée devait s'appeler « Sarkozy je te bois », clin d'œil à ce prof de philo poursuivi, puis relaxé, pour avoir lancé « Sarkozy je te vois » lors d'un contrôle de police à Marseille en 2008. « Mais on s'est aperçu que tout le monde ne comprenait pas la référence », indique ce producteur de vins atypiques, qui a finalement opté pour une appellation plus radicale. Risquée ? « C'est une boutade, le nom est écrit en petit », estime Pierre Pitiot.
Les 3 000 bouteilles de ce vin de table présidentiel ne seront disponibles qu'en décembre. Et peuvent déjà être réservées par courriel à l'adresse… fucks@rkozy.com.

Liberté d'expression

En 2008, Nicolas Sarkozy avait demandé le retrait de la vente de poupées vaudous à son effigie. La cour d'appel de Paris avait jugé qu'il s'agissait d'une « atteinte à la dignité » du chef de l'Etat. Mais la justice n'avait pas ordonné son retrait, estimant qu'il serait « disproportionné et attentatoire à la liberté d'expression. »

Mots-clés :

Aucun mot-clé.