« La lame de fond se transforme en déferlante. » Hier midi, à l'image de Gilbert Debard, secrétaire départemental de l'Unsa, l'ensemble des organisations syndicales présentes à la manifestation anti-CPE ont souligné l'« incontestable succès » de cette cinquième journée de mobilisation. Au moins 25 000 personnes ont défilé hier, entre Monplaisir (8e) et la place Bellecour (2e), pour demander « le véritable retrait du CPE ». En tête de cortège, lycéens et étudiants ont déambulé au rythme des « Chirac, Villepin, Sarko, votre période d'essai est finie », suivis par une foule de salariés fortement remontés après « la reprise du dossier CPE par le chef de l'UMP Nicolas Sarkozy ». « L'allocution de Chirac a cristallisé un immense ras-le-bol chez les citoyens, qui attendaient un message clair du président », a souligné Gilbert Debard, confiant pour la suite du mouvement. « On sent qu'on a l'opportunité d'obtenir l'abrogation du CPE. Ce n'est pas maintenant qu'on va désarmer », a renchéri la présidente de l'Unef Lyon, Hélène Pasquier, étudiante à l'université Lyon-II. Fortement encadrée par les forces de l'ordre, la manifestation s'est achevée sans incidents. Des noms d'oiseaux ont fusé au début du parcours à destination d'un groupe d'étudiants de Lyon-III opposés aux blocages des facs. Hier soir, étudiants et lycéens devaient se réunir, une bougie à la main, sur la place des Terreaux pour un rassemblement pacifique.
E. F.