Premiers affrontements à Lyon en marge de la manifestation anti-CPE. Hier, vers 16h, des échaufourrées ont éclatées place Guichard (3e) entre des jeunes et des gendrames mobiles, à l'issue d'une manifestation tendue réunissant parmi les 4 000 lycéens et étudiants de nombreux pertubateurs. Vols à la tire, bagarres, mouvement de foule, pendant les deux heures de manifestation entre la place Bellecour et la Bourse du travail, des incidents ont ralenti le cortège. Arrivés place Guichard chauffés à bloc, quelques dizaines de casseurs ont descellés des bacs de récupération de verre recyclé, avant de jeter des bouteilles et des pierres sur les forces de l'ordre, qui ont finalement lancé des grenades de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser la foule. Déjà dans la matinée, sur l'autoroute A7, des gaz lacrymogènes avaient été tirés sur un groupe de 400 lycéens et étudiants qui, n'ayant pas pu embarquer pour paris à la gare de Perrache, s'étaient réunis pour bloquer l'accès au tunnel de Fourvière. ««De Villepin doit céder. C'est la sûreté nationale qui est en jeu», a souligné hier lors de la manifestation Romain Esinosa, représentant de l'Union nationale des lycéens (Unl), écoeuré par les incidents. Une demi heure plus tard, après avoir bloqué le pont de la Guillotière (7e) avec des barricades, les jeunes manifestnants étaient une nouvelle fois éparpillés par les gaz, sous le regard attéré de la dizaine d'ouvriers d'un chantier voisin, asphyxiés eux-aussi sen plein travail. «La violence est montée d'un cran ce matin», a confirmé hier soir le rectorat de Lyon, selon lequel 25 lycées de l'académie ont été perturbés par des tentativesd'intrusion et des jets de pierres.
Elisa Frisullo