L'université Lyon-III n'est pas décidée à prendre part au mouvement anti-CPE. Hier, certains de ses étudiants ouvraient le cortège des 900 lycéens qui ont défilé contre le contrat première embauche (CPE). Brandissant le Code du travail, ils faisaient « de la résistance ». « Nous voulons montrer que nous sommes présents dans la lutte contre le CPE, confie Cécile, étudiante en histoire. Mais il est vrai que si j'avais eu cours, je ne serais probablement pas là. Car à Lyon-III, les absences sont sévèrement sanctionnées. » Hier matin, il fallait montrer patte blanche – ou plutôt sa carte d'étudiant – pour entrer sur le campus de la Manufacture des tabacs (8e). Quelques dizaines d'étudiants de Lyon-II étaient venus pour « mobiliser et dialoguer ». Craignant « des débordements » après une tentative d'intrusion, l'administration a décidé de fermer tous les accès au campus. Pendant une vingtaine de minutes, des centaines d'étudiants se sont ainsi retrouvés prisonniers à l'intérieur de l'établissement. Agacés, ils approuvaient cependant la décision de l'université. « Ils ont raison de les empêcher de bloquer notre fac, commente une étudiante, amère. A Lyon-II, ils ont fait fermer leurs campus, et maintenant, ils veulent fermer le nôtre. » « Nous allons manifester, mais nous voulons aussi suivre les cours », renchérit une autre. Pour Nicolas Souveton, responsable de l'Unef à Lyon-III, il faut privilégier le dialogue. « Nous n'avons pas la prétention de vouloir bloquer la fac, explique t-il. Mais on ne devrait pas empêcher le débat au sein de l'université. La semaine dernière, nous n'avons même pas obtenu de salle pour nous réunir. » Une assemblée générale est prévue ce midi, sur le campus de la Manufacture des tabacs.
Cloé Makrides
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