Victor Rizman ne montre pas son visage « afin que le regard des gens ne change pas ».
Victor Rizman ne montre pas son visage « afin que le regard des gens ne change pas ». - c. villemain / 20 minutes

Jérôme Pagalou

Réaliser une bande-annonce pour la sortie d'un livre, ce n'est pas commun. Mais la faire découvrir au public en la projetant dans une vieille caravane américaine transformée en Polarmobile, c'est du jamais vu. Victor Rizman s'est lancé ce défi déjanté à la sortie de son premier polar 40 ans, 6 morts et quelques jours…, il y a plus d'un an. Ces angoissantes deux minutes, filmées par l'auteur lyonnais et récompensées par un premier prix au festival du polar de Cognac, seront présentées ce week-end pour la première fois dans la région. « J'ai sorti la Polarmobile une quinzaine de fois sur des festivals et son impact est intéressant, souligne celui qui partage sa vie entre Lyon et New York. Les gens voient cet ovni et y entrent d'eux-mêmes. »

Une caravane louée
par les Rolling Stones
L'écrivain au pseudo est d'autant plus sûr de son fait qu'il a travaillé dans la communication « dans une autre vie », bouclée en 2005 après avoir gagné des prix de créativité.
« J'ai arrêté pour écrire des livres car je ne savais plus si je faisais de la com'ou si je manipulais les gens », se souvient l'homme aux 4 400 amis Facebook. La manipulation est d'ailleurs l'une des thématiques fortes de son polar, avec une crise de la quarantaine… qu'il a cherché à éviter grâce à « ce livre exutoire ».
« Hyper intuitif », Victor Rizman est persuadé qu'une adaptation cinématographique va suivre d'ici trois ans. Le producteur Luc Bossi s'est d'ailleurs déjà renseigné. Une perspective de plus pour ce natif des Vosges, qui s'est rendu célèbre avec ces caravanes, avant même la Polarmobile. Il a dépensé 60 000 € pour chacun des cinq modèles « récupérés au fin fond des Etats-Unis » et finement relookés. Ceux-ci ont déjà été occupés par les Rolling Stones lors de leur tournée 2006 en France et par Wong Kar-Wai au Festival de Cannes 2007.