L'épuisement et l'incompréhension se lisent sur les visages. Une dizaine de parents, membres de l'association Autisme éducation ont exprimé leur colère, jeudi à Lyon, suite à l'abandon, par l'Agence régionale de la santé (ARS) Rhône-Alpes, de leur projet d'institut médico-éducatif (IME) réservé aux 4-20 ans souffrant de cette maladie.

«Nous travaillions sur la création de cette structure en étroite collaboration avec la Ddass du Rhône depuis 2008. Fin 2009, nous avons reçu l'avis favorable du comité régional d'organisation sociale et médico-sociale», explique Marie-Amélie Saunier de Cazenave, mère d'un enfant autiste de 10 ans.

Les familles ont alors déniché à la Duchère (9e) 1.000 m2 disponibles pour accueillir «l'IME Tête d'Or». Une structure de 20 places de jours et six de nuit, évaluée à 1,2 millions d'euros.

Une importante pénurie

L'établissement, pensé dans les moindres détails, aurait pu ouvrir rapidement. Mais la réorganisation de la Ddass, devenue en 2010 l'ARS a, semble-t-il, été fatale au projet. «L'agence a balayé notre dossier d'un revers de la main. Et elle a lancé un appel d'offres pour l'ouverture d'un autre IME», lance, écœurée, Edwige Berecz, membre de l'association.

Pour faire scolariser sa fille de 11 ans, cette dernière a connu les démarches interminables et de nombreux refus. Car dans le Rhône, seuls douze enfants sur les 90 autistes en attente peuvent être accueillis dans l'unique centre spécialisé existant.

20 places nécessaires, selon l'ARS

«Nous avons créé beaucoup de places ces dernières années dans le Rhône. Nous avons identifié un besoin actuel de 20 places», rétorque Muriel Lejeune, directrice Handicap à l'ARS.

Cette dernière prévoit l'ouverture d'un institut spécialisé en 2013. «Plusieurs dossiers comme celui porté par cette association nous ont été proposés. Nous avons lancé un appel à projets pour pouvoir trancher», ajoute l'ARS. Mais les parents n'y croient pas. «Il y a un tel déficit qu'ils pourraient très bien nous laisser ouvrir notre centre et en créer un deuxième».

>> Lire l'actualité lyonnaise par ici

Mots-clés :