Les robots humanoïdes de chez Nao au sommet Innorobo de Lyon, le 23 mars 2011.
Les robots humanoïdes de chez Nao au sommet Innorobo de Lyon, le 23 mars 2011. - C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Sur une petite estrade, trois robots humanoïdes ont le rythme dans la peau, ou plutôt, dans la mécanique. Sur un air de percussions, ils exécutent une chorégraphie parfaitement synchronisée avant de s’assoir ensemble pour se reposer un peu. Un peu plus loin, une sorte de mini-tracteur arrose les plantes vertes sans verser une goutte d’eau à côté. Et un chien rose intelligent se laisse caresser à souhait par un groupe d’enfants. Bienvenue à Innorobo, le tout premier sommet organisé en Europe sur l’innovation de la robotique.

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Selon la Fédération internationale de robotique, le marché des robots de service représente 3,5 milliards d’euros. D’ici à 2020, il pourrait peser 100 milliards. «La robotique d’aujourd’hui c’est l’équivalent du marché de l’internet dans les années 1990. Le secteur explose», aime à répéter Bruno Bonnell, le fondateur du salon Innorobo. Mais à force de vouloir créer des robots humanoïdes, vont-ils nous remplacer?

La télé-présence

A observer le robot Jazz de la société Gostai, avec un écran en forme de tête, celui-là peut en tout cas prendre l’apparence de votre PDG, basé à New York par exemple. Installé sur des roulettes, le patron, euh… le robot, va alors parcourir les bureaux de ses employés et faire le point sur les dossiers importants via la visio-conférence. On appelle cela de la télé-présence.

Irobi, lui, est présent dans plus de 2.000 écoles maternelles en Corée du Sud. Déployé par le gouvernement, il apprend aux enfants de 3-4 ans à lire et à écrire. Il leur raconte des histoires et fait même l’appel. Et si la maîtresse tombe malade, c’est Irobi qui la remplace? «Non, c’est un outil de plus en classe», répond le fournisseur DasaRobot.

Les Japonais et les Coréens s’attachent à donner une âme à leurs robots

«En France, il y a beaucoup de stéréotypes véhiculés sur les robots humanoïdes, explique Pierre Seguin, patron de Pob, une start-up de robots éducatifs. Mais les Japonais par exemple n’ont pas peur de donner une âme à leurs robots. En Corée, ils veulent aussi y ajouter un côté ludique et service. Les Français vont chercher le côté utile du robot.»

Plus impressionnant, le squelette de The Robot Studio, qui rappelle sérieusement les corps disséqués de l’expo polémique Our Body. Seule sa tête à un œil nous rappelle soudain qu’il s’agit d’une fiction. «Ces robots sont destinés à la recherche et à l’enseignement, notamment dans le domaine de la santé», précise ses revendeurs.

«Le robot ne pense pas, il déduit»

Mais avec le guide de musée de Corebell, le R2-D2 de Star Wars prend réellement vie. D’ailleurs, Bruno Bonnell s’y perd. En le présentant, il parle de «ce type d’individu» qui commente les tableaux, projette des images du peintre ou de son histoire. «Ce genre de personnage va s’intégrer dans notre quotidien, il sera présent dans les supermarchés, dans la rue...» Mais les guides ont de quoi s’inquiéter, non?

«Le grand fantasme du  robot qui supplée l’homme, c’est de la science-fiction, souligne le fana des robots. C’est une espèce de peur qui vient avec la religion ou avec Frankenstein, mais le robot ne pense pas, il déduit. Et l’homme n’a pas à le craindre, au contraire. Il va lui donner  du temps, le libérer de contraintes pour qu’il puisse justement passer du temps avec les autres êtres humains.»

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