Propriété privée, la chapelle de l'Île Barbe, construite entre 1070 et 1200, a été classée monument historique en 1993.
Propriété privée, la chapelle de l'Île Barbe, construite entre 1070 et 1200, a été classée monument historique en 1993. - C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Elle est posée depuis un millénaire comme un phare à l'entrée nord de Lyon. En bord de Saône, le clocher de la chapelle Notre-Dame de l'île Barbe (9e) se détache de la verdure dans un décor de carte postale. Mais cette église romane est aujourd'hui en danger. Les voûtes s'affaissent, le clocher se fissure. «Je ne ramasse plus les gravats, juste pour montrer aux visiteurs à quel point les lieux se dégradent», raconte Chantal Jaillard, propriétaire de l'édifice et habitante de l'île.

Construite entre 1070 et 1200, cette chapelle tombée dans le domaine privé après la Révolution française a été classée monument historique en 1993. La propriétaire a envoyé des lettres à un peu tout le monde, jusqu'au ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. «Ça n'a rien donné», regrette-t-elle.

Dans l'ombre de Fourvière

Pourtant, le lieu est chargé d'histoire. La chapelle a ainsi vu passer, le 29 septembre 1630, «les deux reines de France, Anne d'Autriche et Marie de Médicis», venues remercier Marie pour la guérison de Louis XIII, de passage à Lyon et gravement malade.

Benoît Faure-Jarrosson, secrétaire de l'association des Amis de l'île Barbe, raconte dans un document de 30 pages l'histoire de ce lieu de culte dédié à la Vierge, progressivement délaissé au profit de Fourvière.

Des solutions à l'étude

Chantal Jaillard a l'impression que «rien n'avance», malgré ses efforts, parfois désordonnés. «On cherche des solutions, le dossier est en instruction, assure Pascal Curat, membre du service de conservation régionale des monuments historiques. C'est un haut lieu de la ville, mais on ne peut pas lancer des travaux comme ça. Il faut qu'une étude approfondie soit réalisée, et que toutes les pièces du puzzle lancé par la propriétaire soient assemblées.»

Didier Repellin, architecte en chef des monuments historiques, aurait déjà présenté un premier document, pour favoriser l'avancée du dossier auprès de la Fondation du patrimoine, venue visiter la chapelle en décembre 2010. L'entrée dans cet organisme «permettrait de récolter un peu plus que les cotisations de l'association», estime la propriétaire.

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