L’Observatoire international des prisons veut faire la lumière sur des blessures de détenus. L’association a demandé l’ouverture d’une information judiciaire pour des «allégations répétées de violences» sur trois détenus de la maison d’arrêt de Lyon-Corbas, par les agents des équipes régionales d’intervention et de sécurité (Eris), qui interviennent lors de blocages ou de tensions extrêmes dans les établissements pénitentiaires.
Deux d’entre eux ont porté plainte le 12 janvier pour «violences volontaires». Et le troisième avait déposé plainte en novembre 2009 pour des faits semblables. Le parquet avait classé sans suite le dossier en septembre 2010.
Quatre jours d’ITT
«Nous voulons une enquête approfondie pour éclaircir l’origine et les raisons des blessures des détenus. Dans ces trois situations, les faits nous semblent disproportionnés», précise Céline Reimeringer, porte-parole de l’OIP à Lyon.
Selon l’OIP, l’une des personnes ayant porté plainte assure avoir reçu des coups de poings dans le thorax et avoir bénéficié de «quatre jours d’interruption temporaire de travail après avoir insulté les agents intervenus au sein de sa cellule», le 30 mai 2010. Ce jour-là, un détenu avait été signalé disparu et les Eris étaient arrivées en renfort pour contrôler l’ensemble de la population carcérale.
«Une campagne de dénigrement»
«Cette campagne de dénigrement systématique de l’OIP concernant les Eris est intolérable, déplore Emmanuel Chambaud, surveillant et délégué de l’Ufap/Unsa à Corbas. Nous ne sommes pas à l’abri d’un dérapage, mais à ma connaissance, il n’y a jamais eu de problème avec les Eris. Elles interviennent toujours avec professionnalisme et sang-froid dans des conditions souvent très difficiles.»
Selon lui, «en raison de ces accusations répétées», les agents des Eris ont décidé de filmé depuis quelques temps leurs interventions à la maison d’arrêt de Corbas.
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