Illustration magistrats à Bordeaux le 2 février 2006.
Illustration magistrats à Bordeaux le 2 février 2006. - AFP PHOTO JEAN-PIERRE MULLER

Propos recueilli par C.B.

En quoi la mobilisation des magistrats est-elle inédite?
C’est la première fois depuis la révolution française en 1789, que les juridictions sont à l’arrêt un peu partout en France. Pourtant, nous n’aimons beaucoup la démonstration. Le malaise est réel et s’explique par trois raisons. Nous sommes confrontés à une crise institutionnelle avec un Etat qui ne cesse de taper sur la justice, à une crise législative avec un empilement de textes de loi et à une crise de moyens.

Le discours de Nicolas Sarkozy sur l’affaire Pornic vous a vraiment excédé...
La justice n’est pas une science exacte. Sinon, Madame Soleil serait au gouvernement et Elisabeth Tessier dirigerait le pays. L’opinion publique doit comprendre que nous sommes du côté des usagers et des victimes. Tous les jours nous rendons service aux concitoyens dans des conditions parfois difficiles. Si ce soir il ne nous entend pas, alors il y a aura une crise institutionnelle.

Pourquoi la justice française est-elle si malade?
Dans le classement de la Commission européenne pour l'efficacité de la justice, la France se situe à la 37e place, entre l’Azerbaïdjan et la Moldavie. Est-ce que c’est normal pour une démocratie comme la nôtre? Ce classement se base notamment sur les dépenses de justice par habitant. En France, le montant s’élève à 37 euros. En Allemagne, à 74 euros. La différence est là. La justice a volontairement été laissée dans cet état de délabrement.

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